jeudi 10 décembre 2009

Pour la Suisse

Alors, fascistes, les Suisses ? L’unanimité des réactions de la presse française, au lendemain du résultat de la votation sur les minarets, pose benoîtement la question. Circonstances aggravantes : le seul parti qui chez nous se félicite du choix de nos voisins est le Front National. Pourtant à y regarder de plus près les choses ne sont pas si tranchées. Ne trouve-t-on pas, parmi les partisans des minarets, quelques individus aussi peu recommandables, pour le moins, que nos brailleurs du FN ? Je ne sache pas que Kadhafi, par exemple, soit un parangon d’humanité et de tolérance ; pas plus que d’autres dignitaires indétrônables du Moyen-Orient, d’Afrique ou d’Asie du Sud-Est, tous ulcérés par la décision suisse.
L’on ne sera certes pas plus avancés après avoir renvoyé dos à dos les extrémistes des deux camps, du moins aura-t-on supprimé le préjugé que les « fachos » ne sont que dans le camp du Oui.

Parlons de la question posée, en examinant quelques réactions courantes. Est-il besoin d’être fasciste pour se prononcer contre la construction d’édifices religieux faits pour être vus, et de loin ? Est-ce être raciste que de se prononcer contre une religion ? Et est-ce se prononcer contre une religion que de refuser l’une de ses plus voyantes manifestations ? Car, pourtant, les églises ne vous choquent pas, alors pourquoi pas des minarets ? entend-on demander ici et là.

Questions en vérité sans objet. A titre personnel, la construction d’un nouveau lieu de culte, quel qu’il soit, va à l’encontre de mes convictions selon lesquelles tout effort architectural et financier devrait privilégier la culture, l’ouverture, la santé – en un mot, la science et non la croyance. C’est pourquoi une nouvelle église m’attristerait tout autant qu’un édifice dédié à tout autre croyance.

Mais il y a plus, et je ne crois pas que le nœud du débat se trouve ici. L’Islam n’est pas qu’une religion. C’est une règle de vie, avec ses principes sociaux, ses exigences, ses lois. Dire non aux minarets, c’est aussi prononcer une défiance vis-à-vis de telles règles. Le rédacteur en chef de Libération se moquait de l’ampleur de ce vote dans les cantons où précisément les Musulmans sont le moins nombreux, comme si les électeurs avaient matière à se plaindre en la matière :

« La force absurde du préjugé se vérifie d’autant plus que ce sont les cantons où il y le moins de musulmans qui ont le plus approuvé la mesure anti-islam réclamée par la droite extrême » (Libération du 30/11/2009)

Curieux, cet argument l’est à plusieurs titres.

D’abord, nul besoin d’être confronté quotidiennement à un phénomène pour porter un jugement sur ses manifestations. Ce serait bien la peine d’accéder à une myriade de sources d’information, sur tous les supports et à tout moment de la journée, pour ne se prononcer en définitive que sur les événements qui se produiraient chez soi, au coin de sa rue !

Laurent Joffrin parle de « peur irraisonnée de l’islam ». Irraisonnée ? Il me semble qu’au contraire des raisons existent. N’est-ce pas au nom de l’Islam que des attentats sont régulièrement perpétrés en Europe et ailleurs ? Et n’apprend-on pas tout aussi régulièrement que de nouveaux attentats ont pu être déjoués, ce qui tendrait à prouver que la volonté destructrice des fondamentalistes ne faiblit pas ? Parler de « peur irraisonnée » semble dès lors bien mal venu. L’expression enferme les Suisses dans une vision paranoïaque, ce qui n’est pas en soi bien plus subtil que d’enfermer tous les Musulmans dans une vision fondamentaliste.

Ensuite, faudrait-il s’étonner que, mécaniquement, l’ampleur du vote pro minarets soit plus favorable dans les cantons où se trouvent le plus de Musulmans ? Cette causalité élémentaire a semble-t-il échappé à Laurent Joffrin, qui n’est pas le plus à blâmer, pourtant, de nos commentateurs de la vie publique.

La faculté d’adaptation de la religion musulmane aux sociétés européennes est ici clairement en question. Ce qui heurte, ce ne sont pas tant les manifestations des Fous des Dieu, au Moyen-Orient ou en Europe, dont l’actualité ressasse chaque semaine les massacres, attentats ou exécutions, que l’absence de réaction des Musulmans modérés dans nos sociétés. J’aurais tant aimé voir l’Islam des lumières manifester sa haine des extrémistes quand Théo Van Gogh a été égorgé ou quand le président iranien menace de rayer Israël de la carte. Hélas, je n’ai rien vu de tel, de même que je n’avais rien vu quand des fondamentalistes appelaient à exécuter Salman Rushdie, coupable d’avoir brossé, et avec quel esprit ! le Prophète abusé par le Malin dans les Versets Sataniques. Ce silence pèse sur la société, laisse croire que le seul Islam tolère par son mutisme les pires horreurs, et – c’est le comble - justifie par réaction la position de nos propres extrémistes. La religion de paix tolère-t-elle en son sein des fauteurs de guerre ? Une clarification exemplaire des dignitaires musulmans, et massivement appuyée par tous les fidèles attachés à la démocratie, serait, de ce point de vue, la meilleure des réponses.

Car il en existe, des musulmans laïques. Mon ami Hicham, un verre de liqueur capiteuse en main, commentait d’un rire rabelaisien les frasques des barbus et ne crachait pas sur de belles côtelettes de porc. Pourtant, musulman, certes, il l’était ; mais il l’était tout autant que moi suis chrétien, en dépit de mon athéisme. Je me souviens comment il venait m’interroger sur des choses pour moi évidentes mais que personne n’avait jamais pris soin de lui enseigner, et surtout pas l’école de son pays. Qu’est-ce que l’évolution ? Qui était Darwin ? Pourquoi tant de bruit autour de la Shoah ? Alors, je ramassais mes souvenirs et tâchais de les lui faire partager. Il était stupéfait par ce que je lui disais, opposait les arguments des religieux dont on lui avait bourré le crâne, demeurait toujours sceptique mais remué de choses nouvelles, intérieurement bouleversé. Et un jour il changea, sans renier sa culture, sa religion, son passé, il sut qu’une autre histoire existait, que la version des faits dont on lui avait saturé l’esprit depuis des décennies croulait sous l’exercice de la raison.
Et moi aussi je changeai ; je m’aperçus, effaré, que d’autres hommes n’avaient jamais eu le minimum de savoir qui leur permettrait de questionner leur vision du monde, je sus que certains d’entre eux, quoique brillants étudiants, n’avaient pas les moyens de la lucidité. Et surtout je compris qu’un homme qui réfléchit et examine les faits peut devenir athée. Encore faut-il que ces faits-là lui soient enseignés…

On a beaucoup déploré « l’intolérance » des Suisses. Magie de la rhétorique, misère du sens… L’intolérance, ce n’est certainement pas rejeter la manifestation d’une croyance, pas plus que la tolérance serait d’accepter bouche bée la moindre vocifération d’un représentant religieux.
L’intolérance c’est très précisément l’usage de la violence pour empêcher l’expression d’une liberté. Ainsi les autodafés, les polices politiques, l’emprisonnement des opposants pour leurs idées, la lapidation des pécheresses ou l’exécution des apostats. Or un vote démocratique est exactement l’inverse d’un acte violent, qu’il rend inutile et dérisoire. Limiter démocratiquement l’expression d’une religion n’est pas de l’intolérance, c’est de la démocratie.

Faut-il veiller à ne pas blesser les croyants ? Un curieux consensus paraît s’imposer à chaque poussée de fièvre. Ne heurtons pas les convictions, surtout ! Pas pitié, pas de provocation, pas d’huile sur le feu. Le croyant, blessé dans sa foi, ne risque-t-il pas de se sentir rejeté, et ne va-t-il pas rechercher auprès d’individus plus radicaux un confort que la société démocratique est incapable de lui offrir ?
Or, et c’est là un paradoxe parfois difficile à faire entendre, un citoyen attaché aux valeurs démocrates est par définition heurté par quantité de choses. Ses convictions sont combattues par d’autres convictions tout aussi respectables, mais opposées. Vous considérez que Fidel Castro est un tyran sanguinaire ? Vous pourrez entendre avec consternation Mme Mitterrand soutenir l’inverse à une heure de grande écoute. Il est au contraire à vos yeux l’un des derniers remparts contre le capitalisme galopant ? Les commentaires politiques d’un Eric Zemmour ne manqueront pas dès lors de vous hérisser. Il suffit à tout un chacun de contempler la devanture d’un kiosque à journaux pour trouver maintes opinions inconciliables et également autorisées, car ainsi est la démocratie – l’inconfort institutionnel.

Vivre en démocratie, c’est accepter l’inconfort, s’en faire une raison même car là est le secret du vivre ensemble. Nos sociétés sont celles où une part d’inconfort mesurée (c’est-à-dire : conforme aux limites de la loi des hommes) est nécessaire pour, précisément, rendre la vie le plus confortable possible.

Cela reste à comprendre de la part de ceux qui s’offusquent que l’on puisse blesser des croyants. Car l’on n’en finirait pas de dresser la liste des meurtrissures. Que l’Homme descende d’un primate n’est pas une opinion, c’est un fait, et ce fait blesse les fondamentalistes. Vais-je donc travestir la vérité, mentir sur le réel, pour complaire aux braves croyants ? Faut-il modifier nos programmes scolaires ? Prévoir des itinéraires inoffensifs dans nos Musées d’Histoire Naturelle afin que les fidèles ni croisent ni squelette de Brontosaure, ni reconstitution d’Australopithèques, ni quoi que ce soit qui puisse heurter leur foi en la Création divine ? Ne faudrait-il pas, à ce titre, voiler la façade même de ces musées, dont la simple existence blesserait à coup sûr le regard des pratiquants ?

Devrai-je nier l’égalité devant la loi de l’homme et de la femme, même si des écrits religieux affirment l’inverse ? Attend-on de moi que je me refuse à commenter les enquêtes sur le « Saint-Suaire », dès lors qu’elles établissent sans grande surprise ni contredit la thèse du faux ? Que je taise la souffrance de l’animal que l’on égorge sans étourdissement préalable ? Faudrait-il que je me fasse négationniste en histoire pour taire les massacres perpétrés par tels adeptes d’une foi encore vivace ? M’abstiendrai-je de lire Don Quichotte de la Manche, d’écouter L'enlèvement au Sérail ou de savourer le monologue de Figaro sous prétexte que ces chefs-d’œuvre contiennent des allusions pas toujours très flatteuses pour l’Islam ? Surtout, ne blessons pas, vous dis-je ! Respect !

Et si par malheur je m’avisais de veiller à ne heurter personne, quand bien même j’aurais observé toutes les pratiques religieuses de mes semblables, qui m’assure que le plus inoffensif geste machinal n’aille pas déclencher l’ire de quelque obscure mais vindicative religion ? Swift, déjà, avait su donner une réjouissante illustration de la stupidité dogmatique en confrontant Gulliver aux Petit-Boutiens et Gros-Boutiens – ceux pour qui les œufs doivent être cassés par le petit bout, viscéralement opposés aux adeptes de la rupture du gros bout. L’absurdité de cette haine tenace et mortifère entre les croyances reflète parfaitement la consternation du libre-penseur confronté à la bêtise des dogmes, et le rire de Swift offre un incommensurable réconfort par-delà les âges à tous les esprits libres.

L’argument de la blessure infligée aux croyants est (si l’on me passe le mot) une hérésie en terre démocratique. C’est bien pour cela que l’on évoque le respect imprescriptible de la vie privée : son exact pendant est l’acceptation d’opinions contraires dans la vie publique. Ne pas comprendre cela, c’est nier la démocratie. Refuser cette blessure, c’est défendre un monde totalitaire.

D’aucuns ne se privent pas de souligner l’égoïsme des Suisses. Après tout, la Confédération Helvétique est la terre du secret bancaire, inestimable refuge pour la fortune des despotes plus ou moins avoués. Alors, comment s’étonner de ce geste de repli sur soi ?
A y regarder de plus près, cette thèse s’effondre. L’un des arguments avancés en faveur du Non à l’interdiction était précisément le manque à gagner en cas de victoire du Oui. Les grandes fortunes du Proche-Orient ou d’ailleurs allaient certainement prendre d’énergiques mesures économiques pour châtier le pays rebelle.
Le résultat du vote connu, la menace a aussitôt été mise à exécution, et il est vraisemblable que la Suisse n’a pas fini de payer son choix. Or, ces mesures de rétorsion étaient parfaitement attendues, et c’est en pleine connaissance de cause que les électeurs ont voté. Il est donc juste de souligner que les Suisses ont préféré l’expression d’un choix politique aux désavantages financiers de ce résultat. Est-ce là la démarche d’un peuple avant tout soucieux du confort économique, au détriment de tout autre conviction démocratique ? Il ne semble pas ; au contraire, et il faut s’en réjouir : le chantage de rétorsions financières n’a pas fait reculer la démocratie. Je précise que cela aurait été la même chose en sens inverse : si la perspective de perte de marché avait été liée à une victoire du Oui, il aurait fallu se féliciter de la victoire du Non – je veux souligner que le prétendu égoïsme des Suisses a en réalité fait long feu en face de l’expression populaire.

Alors, fascistes, les Suisses ? Il n’y a pas si longtemps, il était de rigueur de traiter de fasciste tout opposant au communisme. Ceux qui ont connu l’époque du remuant Georges Marchais, premier secrétaire du PCF pendant les années 70 et 80, n’auront aucun mal à s’en souvenir. Pire, la lutte ouvertement anticommuniste était alors laissée à un parti bien peu recommandable – le Front National, déjà.
Il est vraisemblable que cette attitude soit incompréhensible pour les jeunes générations, qui n’ont pas grandi dans l’illusion d’un Grand Frère philanthrope et égalitaire, précurseur d’un monde meilleur. Nous savons fort bien que rien de cela n’était vrai, et que le soviétisme fut (humainement, économiquement, culturellement) l’une des plus éprouvantes catastrophes de l’histoire.

La moindre des choses serait que nous tirions les leçons du passé. Si nous écartons les partisans sincères du totalitarisme, seuls des démocrates aveugles ou délibérément abusés, en dépit de leur intelligence, pouvaient soutenir l’URSS et ses sbires.
L’islamisme est-il le communisme du XXIe siècle ? Au vu des réflexes passionnels et idéologiques qui ont accueilli le choix suisse, laissant la seule opposition politique entre les mains d’un parti avarié, on serait enclin à penser que les idiots utiles ont trouvé matière à recycler leur combat en se posant en alliés d’une idéologie plus actuelle. Il est remarquable qu’une fois encore, cette lutte s’érige au nom de la pauvreté, de l’antiracisme, du tiers-mondisme – autant de vertus humanistes mises au service de causes pour le moins discutables.

lundi 9 novembre 2009

Un mur, mes collègues, Gorbatchev et moi

[J’ai été témoin d’une discussion politique sur mon lieu de travail. Comme il s’agissait de la commémoration de la chute du Mur, comme on dit, et que les échanges m’ont paru de haute volée en dépit de leur côté polémique certain, je me suis empressé de les noter, pour les restituer ci-dessous. Chacun jugera…]

Jean-Christophe : Tu as vu l’article du Monde ? « J'ai perdu, mais la perestroïka a gagné ». C’est évidemment Gorbatchev qui parle. Heureusement qu’il était là, lui, pour mettre fin au stalinisme…

Alfred : Tu rigoles ? C’est un pitre révisionniste, juste bon à dégoiser ses boniments à un gratte-papier manquant singulièrement d’à-propos. Que le fat n’ait point été englouti dans les abîmes de l’histoire est un incommensurable prodige. Mais qu’ils se taisent donc, lui et ses pairs au sourire sanguinolent, héros malgré eux d’événements trop dignes pour leurs moroses machinations.

J-C : Tu te crois où pour parler comme ça ? A l'Assemblée peut-être ? En plus, à t'entendre, je dois avoir raté un épisode. Parce que pour moi, la perestroïka, ça a eu du bon, non ? Je pense que ce qui ne t’a pas plu, c’est cette phrase du dernier dirigeant de l’URSS « laïque » : « Nos amis à l'Ouest semblent incapables de pardonner à Poutine d'avoir sorti le pays de ce chaos. La Russie a pu se redresser – bien sûr avec une petite aide de Dieu. Dieu s'est dit, OK, aidons un peu ce Poutine ! »
Eh oui, il y avait un peu de la sainte Russie au Kremlin… Je te trouve très dur avec lui… surtout pour un descendant de 1789-1848-1917.

Al. : Une pierre dans mon jardin. C'est vrai, je suis héritier des Lumières, mais n'oublie pas que la Révolution contient aussi les germes de la dictature. C'est peut-être cela la vraie distinction entre droite et gauche. Ceux pour qui la Révolution n'est que négative (la Terreur, l'amorce du totalitarisme...) contre ceux qui ne veulent voir dans ces événements que les progrès, les droits de l'homme, la laïcité, etc. Or les deux attitudes sont également imbéciles. Je crois qu'être de gauche n'interdit pas d'admettre les aspects terribles de la Révolution...

J-C : Bref, tu n'as pas répondu sur Gorbatchev, que je considère comme un héros.

Al. : Bah, il a bien le droit de mêler la politique à la religion… maintenant qu’il a été mis à la porte des responsabilités à coups de pied au derche, le drôle est inoffensif. Ce n’est pas cela qui me déçoit ; c’est le fait qu’il se fasse passer pour le sauveur des pays communistes alors qu’il a essayé de toutes ses forces d’en rester le souverain.

J-C : Première nouvelle ! C'est au contraire l'homme qui a ouvert les portes et permis la libération des peuples opprimés.

Al. : Je crois qu'il a pris acte de la faillite communiste et...

J-C : Faillite communiste ? C'est vite dit. Parlons du soviétisme plutôt.

Al. : Taratata. Il s'agissait bel et bien de communisme, même si cela heurte, et puis cesse de m'interrompre. Le gorbatchévisme c’était : assouplissons la dictature pour conserver des hommes à nous au pouvoir, en libéralisant l’économie pour faire passer la pilule. Soutirons des fonds monétaires considérables aux pays riches pour enrichir notre clique (et non pas comme on le croit : pour rénover des pays).

J-C : Et comment ! Il fallait bien de l'argent pour remettre à flot des pays ruinés, et de surcroît empêcher les populations de sombrer dans la famine et la maladie, non ?

Al. : Mais l'argent ne sert que s'il est réellement utilisé, et avec conscience... autant faire du bouche à bouche à un cadavre ! Or Gorbatchev voulait à la fois l'argent et le maintien d'une oligarchie qui ne disait pas son nom, sans aucun progrès notable pour les pays concernés. L’homme a été bien évidemment débordé par son projet chimérique, et les populations opprimées, qui ne se sont pas laissé embobiner par la manœuvre, contrairement à nous, ont renvoyé chez eux ou en prison tous les communistes, gorbatchéviens ou pas.

J-C : Mais certains de ces pays ont par la suite élu des communistes, me semble-t-il. Cela ruine ton argumentaire.

Al. : Pas du tout : voter pour un communiste n'est pas voter pour le communisme.

J-C : Mouais... N'empêche que le projet de Gorbatchev était bel et bien de restaurer la démocratie partout.

Al. : Attention ! N’oublions surtout pas que le projet politique de Gorbatchev a été scrupuleusement appliqué dans au moins un pays : la Roumanie. Faut-il rappeler que le grrrrand démocrate Ion Iliescu et l’immmmense gorbatchévien Petre Roman ont acclamé, au début des années 90, la force vive des mineurs venus par camions entiers réprimer à coup de barre de fer les manifestations étudiantes osant réclamer une vraie démocratie ? Car c’était cela, la perestroïka, c’était cela, Gorbatchev : partant du constat de la faillite communiste (sur laquelle tu me pardonneras d'insister), construire un pseudo libéralisme où l’état reste aux mains d’une mafia ; et noyer l’occident sous des affirmations de bonne volonté et des menaces du type « sans moi, le chaos ».

J-C : Point de vue intéressant.

Al. : Et pas très populaire, j'ai l'impression. En écoutant France Inter ce matin, je me suis rendu compte à quel point l’incongruité du socialisme à visage humain reste vive. Or, entre liberté et communisme, il faut choisir. Ce n’est pas un système contre un autre. C’est précisément le contraire : « tous les systèmes possibles » contre « un non-système ».

J-C : Là, tu pousses un peu loin. Je reconnais ton penchant pour la polémique.

[A ce moment précis, mon téléphone ayant sonné, je n’ai pas pu entendre la fin de l’échange, hormis quelques éclats de voix. Comme le sujet m'intéresse je vais tenter de relancer la discussion entre Jean-Christophe et Alfred ; peut-être pour compléter cet article ].

mardi 25 août 2009

Bucarest

Une ville à trous. Pas seulement dans les trottoirs, au beau milieu des rues ou dans les façades ; je parle de trous métaphoriques. Imaginez une morne banlieue aux murs recouverts de crasse, d’immenses boulevards bordés d’édifices laids. Là, des personnes sans passion se meuvent le long des murs, une vieille à la tête voilée fait la manche, des gamins malpropres se poursuivent en hurlant des cris tziganes. Quelques chiens faméliques et craintifs glissent leur nez au sein de poubelles éventrées. L’odeur sure des déchets n’oblige même pas les passants à un détour. Ici, c’est ainsi. Misère et fatalisme.

Un éclat : l’œil accroche le fronton d’une église. On ne la voit que depuis un certain angle. Un peu plus loin sur le trottoir, et seule l’immense et envahissante grisaille vient frapper le regard. Mais de là, en tournant les yeux, voici une merveille d’église orthodoxe. Elle est toute menue, écrasée entre deux géants de béton. Mais elle irradie sa beauté. Les églises orthodoxes ne sont jamais très grandes, ce qui ne fait qu’augmenter leur charme. Leurs murs sont bâtis de façon rugueuse mais régulière, comme l’écorce des conifères. Et au-dessus de leurs coupoles jumelles, des croix évidées servent de signal aux fidèles.

En dix ans j’ai vu la ville changer. Autrefois, des carrioles, des bêtes de trait disputaient le bitume aux Moskvitch brinquebalantes, le centre ville paraissait éventré par un bombardement et des dizaines de chiens suivaient le moindre de mes déplacements à travers le quartier de Lipscani. Aujourd’hui, fini les chevaux, et même les chiens se font rares, exterminés par une politique de salubrité de l’ancien maire. Des casinos sont apparus à chaque coin de rue, éclairant leur devanture d’une lumière joyeuse et factice. Mais la capitale roumaine est toujours un chantier, parsemé d’innombrables crevasses, de tas de pierres et d’excavations sauvages. La question : est-ce une ville laide en lente reconstruction, ou une ancienne cité agréable ensevelie sous une sauvage modernité, héritière des massacres communistes ? La ville est entre deux états. Vers lequel penche-t-elle ?

Une rue poussiéreuse. L’on ne distingue pas le trottoir de la chaussée : la bordure entre les deux est inexistante, ou plutôt a été détruite par le temps et la négligence. L’on progresse avec soin, s’enfonçant entre véhicules garés à même le mur et menus obstacles de moindre importance. Sans prémisses, un palais Belle-Époque surgit derrière un mur gris, entouré d’un parc élégant et d’un foisonnement de verdure. Les Roumains disent avec une pointe d’emphase : perioada interbelica. L’entre-deux guerres, époque aujourd’hui mythique où le pays réunifié avait sa voix au concert des nations, sans tutelle étrangère, s’efforçait de croître et de se construire un avenir souverain. Les efforts de la dictature n’ont pas tué la mémoire de cet âge trop court, mort sous la poussée des idéologies rouges-brunes.

En 2001 j’ai été invité par Radio România Internaţional au Festival Enescu. Les Roumains entretiennent d’étranges rapports avec leur plus grand compositeur. C’est l’homme de deux œuvres : les Rhapsodies. Le reste n’est ni connu, ni apprécié du grand public. Mais l’image d’Enesco est partout, orne des calicots déployés au-dessus des rues, d’immenses façades administratives, se déploie en banderoles gigantesques au long de l’Athénée. Je dis bien : l’image d’Enesco, au singulier. Car il ne s’agit que d’une seule image, toujours la même, reproduite chaque année à l’infini sur tous les supports : le maître de face, absorbé, la tête doucement inclinée et soutenue par la main droite aux doigts entrouverts. Pas d’illusion : aucune ferveur mélomane n’est à l’origine de ce culte. Enesco est un prétexte, un bouc émissaire. Faire connaître la Roumanie, inviter interprètes prestigieux et riches visiteurs, en un mot : flatter la population en lui faisant imaginer, l’espace de quelques concerts, qu’elle occupe le centre de l’attention internationale, voici la seule justification du Festival.

Musicalement, celui-ci est plutôt réussi. L’opéra Œdipe, rituellement donné à chaque édition, fut honoré avec une rare ferveur. A l’issue des ultimes mesures, le chef Christian Mandeal invita avec un parfait à-propos les musiciens de la philharmonie sur scène. Chacun, muni de son instrument, fut applaudi à l’égal des solistes vocaux. Je me souviens aussi, dans l’immense salle du Palais, bourrée à craquer malgré ses 6000 places assises, du récital de la Philharmonie de Vienne dirigée par Seiji Ozawa. Les symphonies de Mozart et Brahms furent accueillies dans un silence très relatif, les Roumains aimant bien discuter à voix basse en plein concert et même passer des coups de fil en chuchotant. Car la foule était là pour autre chose : la première rhapsodie d’Enesco. Fini les discussions susurrées : l’œuvre débuta dans un silence total. Pendant le dialogue des vents, je regardais mes voisins. Il y avait des cadres en costume cravate, mais aussi – les organisateurs ayant décidé de laisser ouvertes les portes du palais une fois installés les spectateurs munis d’un billet – des retraités, des adolescents en tee-shirt troués, des ouvriers droit sortis de leurs chantiers. Tous fixaient avec une attention intense l’orchestre viennois jouant leur musique emblématique. J’avais rarement vu une telle application dans l’écoute. Pas un ne bougeait ; le seul son provenait de l’estrade flanquée des deux sempiternelles images d’Enesco. La philharmonie s’employait à lisser la rhapsodie comme s’il se fût agit d’une valse viennoise, violons lustrés, cuivres polis. Ozawa faisait reluire son orchestre comme une somptueuse boîte à musique aux éclats moirés, policée mais sans la moindre fièvre pourtant si vitale à cette musique. Cette approche clinique n’effraya pas le public, qui à l’issue du dernier accord en tutti, ovationna farouchement les musiciens comme rarement ils l’avaient dû l’être, avec des vagues de rauque sauvagerie sans rapport aucun avec les traditionnelles demandes de bis - « une autre, une autre ! » - qui chez nous achèvent invariablement tous les récitals, même les plus médiocres.

Rien pour notre nation n’est comparable à la ferveur populaire des Roumains envers leur rhapsodie. Une musique que tout le monde connaît, sans considération de classe sociale ou d’âge. Mais alors, n’est-ce pas aussi le cas en France avec certains airs de Carmen ou encore le Boléro ? Non. Dans Carmen, Bizet imite l’Espagne. Ses airs ont beau être populaires, ils ne symbolisent pas la France. Ne parlons pas du Boléro, puisant selon les propres mots de Ravel son style plaintif et monotone dans les mélodies arabo-espagnoles. Berlioz, Gounod, Saint-Saëns et bien d’autres ont beau avoir écrit des musiques éloquentes et célèbres, aucune d’entre elles ne représente spontanément l’esprit français pour l’homme de la rue. Mais ce tour de force, Enesco l’a réalisé, pour sa propre nation.

J’avais mes habitudes à Bucarest. A deux pas de l’Université, j’allais dans une minuscule échoppe, tout en longueur. Mes explorations m’avaient appris qu’au fond, le long du mur de droite, s’entassaient des ouvrages musicaux et partitions, par dizaines, que l’on pouvait patiemment examiner et déchiffrer sous le regard bienveillant des employés. Les jours fastes j’ai pu acquérir pour quelques malheureux lei des biographies introuvables, quelques conducteurs (partitions d’orchestres) rarissimes et autres vestiges de la République Populaire sortis d’on ne sait quelle liquidation aveugle. Mais c’est fini. Cet été, à la place du bouquiniste, étincelait une boutique de jouets en plastique, avec dans sa devanture l’effigie criarde des derniers héros de Walt Disney.

J’avais déjà vécu pareilles déceptions. En 2003 ou 4, je m’aperçus que le Boema avait été remplacé par l’une de ces boutiques modernes sans âme où l’on va pour boire un café américain ou consommer des sushis, je ne sais plus trop. Non que j’étais un assidu du Boema, restaurant à l’ancienne mode, avec ses assiettes peintes et têtes de gibier défraîchies aux murs, et par-dessus-le marché aux qualités culinaires très discutables ; mais le lieu était porteur d’une véritable histoire, témoignage de cette légendaire perioada interbelica. Il y a plus : cet endroit (si l'on en croit l'écrivain Mircea Cărtărescu) était fréquenté par les services secrets communistes pour y fabriquer ces fameuses blagues que les Roumains aimaient à s’échanger pendant les années noires. Eh oui, les histoires de Bula sont aussi des filles de la Securitate…

Plus loin, dans Lipscani, centre ville historique que l’on parcourait autrefois comme un terrain vague en friche, l’on trouvait les meilleures placintas de la capitale, tourtes feuilletées aux bords rendus croustillants par une cuisson au caquelon. Le minuscule salon de thé était recouvert par une fresque de Mickey. Non, pas le personnage falot et insipide que nous connaissons aujourd’hui, mais le sympathique Mickey des origines aux grands yeux, mâtiné de Mortimer et pas encore perverti par la mièvrerie ; je me plaisais alors à imaginer les jeunes Bucarestois des années 30 se presser au comptoir exigu commander des citronnades et des parts de placinta, alors que la ville aux longues voitures brillantes s’animait au son des fox-trots et tangos de Jean Moscopol. C’est perdu. Aujourd’hui, une couche de peinture satinée a rénové le salon de thé. La dernière fois, j’ai demandé à la serveuse pourquoi la peinture de Mickey avait disparu. Elle a simplement haussé les épaules : « c’est plus moderne ainsi ».

jeudi 6 août 2009

Marching Band : un certain regard sur l'Amérique

Documentaire de Claude Miller (2009).

État de Virginie. Alors que la très longue campagne pour la succession de George W. Bush touche à sa fin, la caméra de Claude Miller s’est invitée dans l’intimité de deux marching bands universitaires.

Curieuse tradition que ces fanfares-spectacles, composées de cuivres, flûtes et percussions, et paradant avec des majorettes en costumes clinquants. L’on trouvera avec raison ces manifestations patriotiques fort kitsch tant elles sont étrangères au goût français. Gardons-nous pour autant d’accabler les Américains : il n’est pas certain que le défilé du 14 juillet, avec légionnaires barbus en tablier de boucher, ou parades de la Garde Républicaine jouant Méditerranée relèvent du plus subtil raffinement.

Les deux universités ici observées se révèlent différentes. L’University of Virginia mélange Noirs et Blancs, sans que cela ne semble poser problème, allant jusqu’à les alterner au premier rang de la fanfare – simple question d’esthétique. La musique de sa band, tout en puissance, cymbales et éclats cuivrés, cherche à subjuguer, non à charmer. Elle trouve sa raison d’être en lever de rideau de rencontres sportives, dans un stade bien garni. L'orchestre encourage à la fois le public et l’équipe de l’université. Voilà pourquoi sa musique n’est pas vraiment intéressante en soi : elle fait partie d’un tout plus vaste sans lequel elle n’aurait pas d’attrait. Le plein air, l’exaltation du jeu, l’amour de l’université concourent à la ferveur des jeunes artistes de la marching band de l’University of Virginia, en uniformes de pur toc, évoquant nos mousquetaires au large panache.

Contraste flagrant avec la Virginia State University, fondée après la Guerre de Sécession pour permettre aux Noirs d’étudier. Aujourd’hui encore elle reste afro-américaine et draine une population défavorisée dans un objectif de promotion sociale. Sa marching band possède donc une dimension particulière, absente précédemment. Ici, la musique est remarquable, soutenue par un pupitre de percussions d’une rare efficacité. Là où les musiciens de l’University of Virginia tablaient sur la force pour s’imposer, leurs pairs de la Virginia State University privilégient le rythme, l’agogique, la nuance, usant volontiers d’une exposition en séquence où chaque phrase dévoile tour à tour la beauté de ses timbres. L’on ressent ici les influences africaines et latines qui forment aussi le corps de l’Amérique musicale. Le film donne envie de mieux connaître son chef, « doc » Phillips, tant son discours passionne. L’un des plus mémorables moments saisi par la caméra de Claude Miller présente la fanfare dans une formation minimale : des percussions, à l'exclusion de tout autre instrument. Tous les musiciens – noirs – jouent un morceau quasi tribal, la casquette renversée sur le regard et la face marquée par l’humeur.

Nulle allusion à l’histoire musicale de ce pays. La patiente reconnaissance de la musique noire, notons-le bien, n’accompagne pas les combats pour l’égalité raciale : elle les précède. Qui aurait pensé au XIXe siècle à la postérité des chants d’esclave ? Seule l’invraisemblable prémonition du Tchèque Antonín Dvořák en 1892 devait mettre en lumière la valeur des Spirituals méprisés par l’Amérique bien-pensante. Ensuite, Charles Ives donnera à entendre de mémorables marching bands au cœur de partitions symphoniques jubilatoires ; et au début de la décennie 1940, Aaron Copland écrira sa fameuse Fanfare for the Common Man. Tout cela appartient à l’histoire, au monde des livres et des savants. Nous contemplons avec le film de Claude Miller deux accomplissements contemporains et populaires de cette longue émergence.

Après avoir entendu les artistes de l’Université d’Etat, le ton lisse et policé de l’University of Virginia surprend. Sa musique est sans doute plus consensuelle, mais moins caractérisée ; elle reflète exactement l’image du campus. Une chose, cependant, unit les deux universités : le soutien à Barack Obama. Les jeunes musiciens sont unanimes. En dépit de la caméra braquée sur leurs traits, les étudiants gardent une spontanéité rafraîchissante. Mais pourquoi voter Obama ?

La fin de la présidence George Bush permettra à l’Amérique de se faire mieux voir, estiment-ils non sans candeur (la méfiance vis-à-vis des USA ne provient évidemment pas du rejet d’un seul homme, mais d’un contexte historique puisant ses ressorts dans un passé complexe et saturé d’idéologie). Mais ce soutien est conditionné par une seule chose : la couleur de peau du candidat. Ni son programme, ni celui de John MacCain, son adversaire, ne sont discutés. Sarah Palin en prend pour son grade ; contester la Théorie de l’Évolution n’est pas, il est vrai, une attitude très recommandable pour une élue du peuple. Que Barack Obama s’emploie à remercier Dieu à chaque discours, ce qui n’est pas en soi beaucoup plus avisé, n’est pas un fait relevé par ces mêmes étudiants. D’autres se bercent d’illusions : « avec Obama, le prix de l’essence va baisser », espère un Afro-Américain qui n’a même pas de voiture. La parole n’est pas donnée aux soutiens de MacCain, à l’exception d’un manifestant brandissant une pancarte Pro-life (mouvement anti-avortement). « Nous ne voulons pas d’un socialiste ! ». Évidemment, c’est un mensonge. On ne saurait, en revanche, lui donner tort quand il ajoute : « le changement, il aura lieu car nous sommes un démocratie qui change tous les quatre ans ».

Le documentaire s’invite dans un bureau de vote. Nous voyons deux jeunes Noirs voter pour la première fois, utiliser le bulletin électronique, laisser échapper quelques pleurs. Aucun commentaire, l’image simple, caméra à l’épaule, à la manière des reportages de l’émission Strip-Tease. Cette scène sans fard recèle une émotion particulière. Nous songeons aux sentiments de bien des Français de gauche, en 1981, pour l’élection de François Mitterrand. Nous nous souvenons ici, si nous l’avions oublié, qu’en 2008 un bouleversement plus important encore a été vécu par une vaste fraction de l’Amérique.

L’avenir dira si le candidat du rêve américain est bien celui sur lequel tant de fantasmes ont été projetés. L’heure est encore à l’incrédulité : l’Amérique peut changer. L’Amérique a changé.

Il faut rendre grâce à Claude Miller pour des scènes d’une réelle beauté, sans artifices, dénuées de ce parti pris omniprésent et insidieux qui a fini par rendre Mickael Moore insupportable. Ainsi, ce brève passage filmant un vaste terrain déserté. A la lueur crue des réverbères, une majorette s’entraîne. Elle est seule. C’est la veille de l’élection. La jeune femme n’a pas encore décidé pour qui voter. Alors, elle danse.

Claude Miller sait filmer les gens dans leur spontanéité, leur naïveté (comment ne pas être naïf à 20 ans ?), leur espérance. Mais aussi dans leur application à honorer ce dont ils font partie : leur pays, leur université, leur marching band. On a beau le savoir par avance, un tel attachement ne laisse pas de surprendre. S’il a existé en France, il semble en perdition (et l’on ne fera pas l’injure de comparer les mornes facultés de notre pays aux splendides campus américains). Quant au sentiment supra-national européen, ce n’est pour l’instant qu’une aimable chimère. Oui, cela aussi, le documentaire de Claude Miller nous le fait ressentir.

jeudi 30 avril 2009

Atomul de rata contra gripei de porc


Subiectul cu atomul de rata care se vinde in farmacii sub numele Oscillococcinum a declansat la vremea lui tunetele si fulgerele unor homeopati.

Acum cand epidemia mondiala de gripa ne bate la usa e firesc sa ne intrebam unde au disparut reclamele la zaharelul numit Oscillococcinum, de ce OMS nu zice ca trebuie sa facem stocuri de "remediu homeopat antigripal" (despre care dealtfel homeopatii stiu ca "functioneaza" pentru ca are "proba timpului":)) si de ce nu e recomandat pentru "prevenirea starilor gripale" asa cum publicitatile minicinoase ne sugereaza in fiecare iarna?

Dealtfel ma intreb daca homeopatii continua sa recomande oscillo si contra gripei porcine? Si daca nu, de ce nu?
La fel ca si conspirationistii si ca antivaccinalistii, ca sa fie consecventi cu ei insisi ar trebui sa se trateze homepat contra virsului gripei mexicane. Altel, ca si antivaccinalistii, pot fi acuzati de inconsecventa.

Pentru restul lumii: atentie, homeopatia nu este un tratament, e complet inutila in cazul gripei mai ales pe timp de epidemie!

Gripa isterica

Conspirationistii aveau dreptate: aparitia gripei porcine nu este intamplatoare! S-a descoperit vinovatul, sursa maladiei care ne-a lovit pe toti :


Gripa porcina, rebotezata "gripa mexicana" ia deja pe internet proportiile unei gripe isterice. Teoriile conspiratiei se multiplica, au intrat in actiune Rockfeller si noua ordine mondiala. Mastile cica nu folosesc la nimic (poate doar pt ca uratele satului sa fie invitate la dans in discoteca), virusul aar fi prea mic ca sa fie retinut de o masca chirurgicala. Si oricum virusul se transmite prin piele deci mai eficace ar fi manusile sau un intreg costum de cosmonaut.

Printre toate isteriile astea mai sunt si unele chestii amuzante:

- un joc in flash cu care ne putem crea propria pandemie

- Sau o reclama din 1976 la vaccinul contra.... gripei porcine:)


- Si un site linistitor care ne spune cat de tare ar trebui (sau nu) sa ne ingrijoreze virusul gripei porcine

mardi 28 avril 2009

O "porcarie" de complot


Conspirationistii sunt serviti: s-a dat startul la scenarii privind originea virsului gripei porcine. Nici nu s-a raspandit bine virusul pe planeta ca au si aparut cele mai traznite teorii: de la deja plictisitoarea Big Pharma si guvernul mondial care vrea sa ne decimeze pana la pedeapsa divina a lui Allah catre occidentalii care mananca un animal impur sau complotul tarilor musulmane ce vizeaza tarile bogate...
Alta teorie zice ca virusul a fost de fapt o tentativa de atentat contra presedintelui Obama in timpul vizitei sale in Mexic, alta zice ca e de fapt campania de promovare a unui nou vaccin etc etc

Altfel ocazia panicii mondiale create de aceasta "porcarie" nu trebuie ratata: creationistii au posibilitatea de a urmari evolutia in direct:
In cursa inarmarii contra sistemului imunitar evolutia actioneaza asupra a 2 proteine virale: H (hemaglutinina) si N (neuraminidaza).
Proteina H e cea care e recunoscuta cel mai des de catre sistemul imunitar si prin urmare supusa unei presiuni evolutive mari si continue. Arborele ei filogenetic arata ca un cactus cu un trunchi principal (care arata directia evolutiei) si numeroase ramuri scurte care reprezinta virusii ce nu au avut destula virulenta ca sa supravietuiasca...
E un aspect important pentru ca pe baza lui se pot face predictii privind evolutia ulterioara a virusurilor ceea ce e de mare ajutor in punerea la punct a unor noi vaccinuri.

Virusul gripei a cunoscut insa in trecutul recent schimbari mult mai drastice. Atunci cand tulpinile de virus provenite de la animale diferite infecteaza aceeasi celula pot avea loc rearanjari genetice ce au ca rezultat o noua combinatie de proteine H si N. Este probabil ceea ce s-a intamplat in cazul gripei porcine mexicane (asa sustine New Scientist)
De fapt aceleasi recobimbinari genetice au fost la originea epidemiilor din 1957 si 1968. Ba chiar se crede ca si virusul care a provocat marea pandemie din 1918 a trecut mai intai pe la pasari si printr-un porc inainte de a contamina omul si de a ucide cateva zeci de milioane de persoane (de fapt nu virusul e mortal ci complicatiile -pneumonie si infectii).


Schimbarile in fizionomia virusului gripal fiind insa un exemplu clasic de evolutie in direct... creationistii nu au nici un motiv sa se teama de el.

Iar conspirationistii nu ar trebui sa se trateze cu antiviralele fabricate de Big Pharma si nici sa se vaccineze anti-gripa porcina (atunci cand vaccinul va fi disponibil)... Asta daca vor sa mai fie credibili si consecventi cu ei insisi.

vendredi 24 avril 2009

Tata, vreau un revolver!


Suntem de vreo saptamana in Corsica in casa bunicii (mémé sau in limbaj local "minana"). Aca se distreaza cu cainii, pisoii, magarul si cu Jules, copilasul din vecini insa insa de curand incepe sa o macine gandul de 'acasa'.
De ex aseara il vede la TV pe prezentatorul jurnalului de stiri si isi aminteste:
"pe asta il avem si acasa!":)

Dealtfel acasa aveam si soare ceea ce aici, contrar asteptarilor, nu avem aproape deloc. Insa in ciuda norilor si a vantului locurile din partea asta de lume raman absolut superbe...pacat insa ca insula e in continuare locuita (ca citez o fraza celebra:)

Dupa cum probabil stie stie toata lumea, corsicanii sunt nationalisti ca mai toti insularii care isi inchipuie ca au vreun merit numai datorita locului unde s-au nascut. Nationalismul merge mana in mana cu mania persecutiei, li se pare ca lumea intreaga e impotriva lor, ii considera pe francezi ("les gôôôlois") colonizatori care le invidiaza peisajele si le fura banii (de fapt e cam invers:).
Dealtfel toti "ne-corsicanii" francezi (si nu numai) sunt numiti peiorativ "pinzutti" si priviti cu neincredere daca nu de-a dreptul cu ostilitate.

De sarbatori (craciun, anul nou.. de paste mai putin pentru ca nu e considerata nici pe aici cine stie ce sarbatoare) locuitorii se "distreaza" utilizandu-si armele de foc cu care e dotata orice casa care se respecta . De aceea vizitatorii sunt sfatuiti la modul serios sa nu utilizeze deltaplanul in zilele de sarbatoare...

Lucrurile stau cam ca in gluma aceea cu copilul si tatal care nu vrea sa-i cumpere un revolver (dealtfel prin partile astea nu e considerata chiar o gluma:))

"tata, vreau un revolver"
" nu pot sa-ti iau esti prea mic"
"tata, ia-mi un revolver"
" nu se poate"
"tata, ia-mi un revolver"
"am zis nu, cine comanda aici eu sau tu?"
"tu... dar daca as avea un revolver..."

Corsicanii mai au si reputatia de lenesi. Cica atunci cand Iisus a intrat intr-un bar si a inceput sa faca miracole vindecand un paralizat, un orb, un schiop...ajunge si in dreptul corsicanului care instantaneu incepe sa strige : "pe mine nu ma atinge! sunt in concediu medical!"

Iar cand un corsican iti povesteste suparat cum a venit celebritatea X si a cumparat o plaja pe care a vrut sa toarne betoane... sa nu cumva sa-i amintesti ca edilii lor sunt coruptii care dau autorizatiile de construire...

Daca cu toate acestea ii vine cuiva ideea sa se aventureze totusi in aceste locuri, iata cateva sfaturi de la un corsican autentic:

- Nu uitati ca aici nu sunteti la voi acasa
- Lasati totdeauna un bacsis, cativa centi sunt suficienti... uneori pentru a va salva viata!
- Nu spuneti niciodata "la noi e mai ieftin"
- Nu agatati fetele din ajaccio, nici noi nu reusim
- Drumurile noastre nu sunt periculoase, nu stiti voi sa conduceti
- Nu mai mergeti cu 40km/h pe drumurile de munte
- Nu mai repetati intr-una "ce frumos e aici"... stim si noi asta
- Napoleon e imparatul francezilor, nu al nostru
- Aici folosim claxonul pentru a ne saluta intre noi. Cunoasteti pe careva in zona? Nu. Atunci nu claxonati!
- O masina de inchiriat ramane o masina de inchiriat chiar daca are numar local
- Un corsican nu e niciodata singur
- Nu va asezati niciodata la bar, e locul nostru
- Si nu uitati ca aici peste tot suntem la noi acasa... chiar si atunci cand suntem la voi acasa!
etc

In rest, vacanta placuta:)










mardi 21 avril 2009

Reptilienii si alte aberatii antivaccinaliste


Dupa cum spuneam, anonimii si anonimele antivaccinalisti au invadat netul. Iata ce aberatii au mai lasat in urma lor :

Al doilea copy/paste al anonimului ne arunca deja in negura conspirationista. Dansul/ dansa posteaza un mail plin de aberatii primit cica de la o "persoana de incredere":)

In mesaj suntem avertizati ca OMS vrea sa ne sterilizeze ... nu se stie insa daca pe toata lumea sau doar pe mexicani si pe filipinezi. Se pare ca au inceput actiunea acum vreo 20 de ani cu aceste doua tari .... problema e ca rezultatele nu prea se vad, dimpotriva:)
Asta e insa mai putin important pentru antivaccinalisti, logica nu e punctul lor forte. Conteaza mai mult ca ei au demascat "conspiratia mondiala"...

Apoi anonimul crede a a gasit arma fatala si ne cere sa tragem medicii de maneca atunci cand ne prescriu un medicament. La naiba cu anii lor de scoala si cu studiile, stim noi mai bine ce reptilieni se ascund in spatele lor.

Ne sfatuiesc deci antivaccinalistii:

1. Vi se cere sa va asumati raspunderea voi, pentru ceea ce fac altii.
Cereti-le lor sa-si asume raspunderea in scris ca vaccinul nu este periculos.


Ceea ce e o imensa prostie, ilustreaza exact ceea ce am mai spus aici: faptul cu un medicament are contraindicatii si ca uneori (extrem de rar) poate avea efecte adverse nu inseamna ca nu mai trebuie folosit! Altfel ar trebui sa ne tratam exclusiv la vraci si cu descantece ca doar aia ar semna oricand ca "farmecele" nu au ce rau sa faca. Despre medicamente se vorbeste in termeni "beneficiu/risc" si nicidecum in "da-mi in scris ca nu e periculos", asta e o tampenie...

Anonimul/ anonima revine in forta apoi ca sa demonstreze aberatiile cu sterilizarea in masa pusa la cale de nimeni altcineva decat de Organizatia Mondiala a sanatatii. Data asta ne ofera un copy/paste de pe conspirationistul-oznistul-reptilianul whale.to: Pe cei ce nu cred teoria complotului si vor vor sa se informeze asupra a ceea ce s-a intamplat cu adevarat acum 20 de ani, ii invit sa citeasca aici:

http://www.who.int/immunization_monitoring/milstien.pdf


De fapt, citând acest site anonimul/a imi face un imens serviciu, sa fiu sincera, abia asteptam sa ajunga la copy/paste din whale.to:)
Ii invit pe toti cei ce citesc pe aci sa se delecteze cu ineptiile sustinute de acest site conspirationist:

De exemplu puteti incepe cu articolul asta in care spune ca Lady Di era controlata de reptilieni si ca mirosul ei de soparla l-a indepartat pe printul Charles:

http://www.whale.to/b/reptiles.html

the smell of Dianas periods would have caused Charles to shape shift - especially whilst sleeping because the Reptiles cannot retain their human form without concentration.

Adica exact genul de bazaconie pe care sunt capabili sa o creada antivaccinalistii!:)))

sau altul de pe acelasi site care zice ca Obama e Antichristul:

http://www.whale.to/b/hand.html

dealtfel tot siteul e plin de bazaconii despre conspirationisti, reptilieni, extraterestrii, OZN-uri, iluminati si societati secrete care vor sa ne decimeze.

Paranoia contra vaccinurilor de pe acest site e de fapt una din cele mai nevinovate, va invit sa-l cititi pe indelete, nici nu se putea demonstratie mai elocventa a domeniului psihiatric din care face parte isteria antivaccinalista:)


Citeste si:
Isteria antivaccinalista reloaded
Sa radem cu irationalii vaccinalisti
Victimele antivaccinalistilor
Guru antivaccinalistilor
Istericii antivaccinalisti

Isteria antivaccinalista reloaded

De vreo cateva zile niste anonimi (mai degraba anonime, asa mi-a soptit mie reptilianul sef) polueaza sectiunea de comentarii de la acest post cu copy/paste tot felul de articole dubioase provenite din surse care mai de care mai conspirationiste. Desi am avertizat ca voi sterge copy paste si ca e de ajuns sa puna linkul, anonimul/anonima continua sa faca ce stie mai bine, sa polueze internetul. In lumea antivaccinalistilor, linkurile inca nu s-au inventat...

Primul copy/paste a fost un interviu copiat din faimoasa revista "Formula as" cea care in afara de antivaccinare mai face propaganda si clismelor cu cafea precum si altor "tratamente" la fel de stiintifice.

Am remarcat ca la inceputul interviului dl doctor isi ascunde adevarata specializare: homeopatia si tratamentele naturiste. De ce oare? I se pare ca nu suna bine?:)
Sau ii e teama ca va fi (pe buna dreptate) pus in aceeasi oala cu toti ceilalti "guru" antivaccinalisti, desigur interesati exclusiv de binele poporului si nu de vanzarea propriilor fierturi sarlatanesti (dealtfel reclama nu e mascata, la sfarsitul asa zisului "interviu" domnul doctor isi dezvaluie adevarata specializare si ne indeamna sa-i cumparam fierturile in locul vaccinurilor!) Asta da demers dezinteresat!

Am raspuns la comentarii acestui copy/paste pentru ca mi s-a parut ca venind de la un medic aberatiile de acolo sunt pur si simplu iresponsabile.

Si acum ca ne-am lamurit cu cine avem de a face si de la ce fel de "medic dezinteresat" ne provin informatiile, sa vedem putin si ce spune (nu prea mult ca zice numai tampenii care sunt explicate si ras-explicate pe adevaratele siteuri stiinfice gen OMS, AAP etc):

1) dansul zice ca se bazeaza pe o "serie de informatii medicale si pe rezultatele cercetarilor specialistilor din lumea intreaga"

Care specialisti? Specialistii in tarot probabil fiindca in rest absolut toate organizatiile medicale serioase (OMS, asociatia pediatrilor din america, INVS etc) recomanda vaccinarea si nici unul nu sustine aberatiile dlui doctor!
dealtfel interviul abunda de fraza asta cu care toti sarlatanii isi pescuiesc naivii: "specialistii spun ca... ", "unii cercetatori au descoperit ca" etc. Fara insa sa precizeze nicaieri care specialisti si unde se sustin asemenea tampenii (in afara unor carti publicate la edituri obscure nici nu ar avea ce referinta sa dea)

2) ne spune ceea ce toti antivaccinalistii sustin: ca vaccinurile au si contraindicatii. Uita insa sa precizeze ca orice act medical are contrainticatii, doar remediile babei omida sunt absolut sigure. Si aspirina are contraindicatii, prescrie dl doctor aspirina? sau se rezuma doar la ceai de musetel si bilute sarlatanesti (pardon, homeopate:) pentru raceala?

3) Apoi reia un alt argument al istericilor antivaccinalisti: cel al conspiratiei mondiale care vrea sa ne decimeze: "vaccinurile sunt daunatoare da' continua sa fie facute din cauza mafiei farmaceutice"... Nu ca as putea eu sa combat o asemenea credinta irationala ca acea a teoriei complotului... asta tine de psihiatrie. O sa zic doar ca daca dl doctor sau vreun adept al sectei antivaccinalisate ar fi avut curiozitatea sa caute cifra de afaceri a producatorilor de vaccinuri (nici nu sunt multi tocmai pt ca e o afacere extrem de neprofitabila in comparatie cu medicamentele) ar fi vazut ca vaccinurile reprezinta mai putin de 10%...

4) In aceeasi categorie a delirului paranoiac intra si celelalte afirmatii ca aceea ca SIDA ar fi fost creata in laborator sau mai rau, ca virusul nici amacar nu exista... asta nici nu merita combatuta, nici un om de stiinta serios nu sustine o asemenea aberatie, ea poate fi intalnita numai pe siteurile conspirationiste. dar se pare ca dl doctor le acorda o mare credibilitate in detrimentul celor stiintifice...

5) Alta afirmatie neverificata si absolut gratuita caci nesustinuta de nici un studiu stiintific este aceea ca "vaccinarea slabeste sistemul imunitar sanatos". Acesta e alt cal de bataie al antivaccinalistilor care repeta fraza papagaliceste fara sa le treaca macar prin cap sa o si verifice.

Nici un studiu serios nu a aratat un astfel de efect iar afirmatii de genul:

Fiecare vaccin care este administrat reprezinta de fapt un stimul puternic pentru organism, pentru sistemul imunitar, in mod special. Dupa fiecare asemenea stimul, el face eforturi ca sa-si adapteze mecanismele de aparare la microbul respectiv. In momentul in care se face un alt vaccin, apare un nou stimul care actioneaza asupra imunitatii.

sunt pure inventii sau pur si simplu aberatii! Organismul uman vine in contact natural cu mii de astfel de stimuli imunitari iar vaccinurile nu reprezinta decat o infima parte. Mai interesant ar fi fost sa ne spuna dl imunolog specialist in homeopatie (!!) contra cator antigene diferite exista anticorpi in organismul adult. Hai ca ii reamintesc eu: cifra e de ordinul 10^9, daca ne-am intalni cu un antigen pe luna asa cum crede dl doctor ca e optim pentru un raspuns imunitar "corect" ne-ar trebui cateva milioane de vieti ca sa-i adunam...

5) pe urma dl doctor ne face "istoria gafelor" scotand de la naftalina niste intamplari de acum 50 de ani, reaminteste si el aberatia niciodata dovedita a autismului provocat de vaccinuri (lucru demonstrat fals, nici macar justitia nu a dat dreptate plangaretilor), spune o minciuna sfruntata cum ca 'toate vaccinurile contin mercur" desi acesta nu se mai foloseste de cativa ani (si totusi cazurile de autism in loc sa scada s-au inmultit!)

Ne da exemplul "bebelusului" caruia i se injecteaza de 40 de ori doza maxima de metale grele "uitand" ca vaccinurile nu se fac intravenos si uitand care e diferenta intre concentratia unei substante in sange si cea care poate fi ingurgitata in alimente sau injectata in tesuturi. Dar probabil dl doctor considera ca e totuna concentratia de grasimi in sange cu cea ingurgitata la masa de paste de ex si ca majoritatea oamenilor vor sa se sinucida ori de cate ori se aseaza la masa...
etc etc

Dupa toate aceste aberatii dl doctor ne invita in magazinul dansului (impropriu numit 'cabinet medical' e mai corect sa-i zicem butic de fierturi) ca sa-i cumparam "remediile" ce ne vor apara de rujeola, rubeola, hepatita, meningita si multe alte boli din cauza carora inca se moare desi exista vaccin pentru ele. Si asta din cauza aberatiilor istericilor antivaccinalisti despre care ziceam in postul de mai sus.

In concluzie, antivaccinalismul ramane o credinta irationala de acelasi tip cu credinta in paranormal, in secte, in rapiri extraterestre, in creationism si in existenta lui Yeti omul zapezilor...
Din pacate deosebirea e ca antivaccinalismul e periculos si pentru ceilalti, oamenii normali, responsabili, in pas cu vremurile lor, cei care se vaccineaza si care vor sa-si protejeze copiii vaccinandu-i...

Citeste si:
Reptilienii si alte aberatii antivaccinaliste
Sa radem cu irationalii vaccinalisti
Victimele antivaccinalistilor
Guru antivaccinalistilor
Istericii antivaccinalisti

samedi 18 avril 2009

Alexandru Tomescu : mai bun ca Joshua Bell


articol de pe blogul Souvenirs des Carpates, tradus din franceza de aici

Ne amintim cu totii de experienta facuta in 2007 de catre violonistul Joshua Bell: in anonimatul unui culoar de metrou din Washington, celebrul virtuoz a cantat 3 sferturi de ora fara sa trezeasca nici un interes din partea trecatorilor. Castigul lui se ridicase la astronomica suma de 32 de dolari! Evenimentul, organizat de Washington Post, a suscitat nenumarate comentarii asupra incapacitatii americanilor de a admira un recital pentru care locurile nu s-au vandut la un pret de cateva zeci de dolari unul.

Vineri 11 aprilie 2009, metroul din Bucuresti. Tanarul violonist Alexandru Tomescu imbracat simplu repeta experienta lui Bell. Ca si ilustrul sau confrate si el canta pe un Stradivarius de legenda si, ca si el, executa piese de Bach si cateva alte bucati care atrag bis-urile la concerte. Surpriza! Trecatorii se opresc, asculta, lasa bani in cutia viorii. 328 de lei, de 3 ori mai mult decat la experimentul din Washington! Si in doar o jumatate de ora!

Care e explicatia, sunt romanii mai melomani decat americanii? Probabil ca da. Sunt si mai putin stresati de orare fara indoiala. Invers, putem sa presupunem si ca au mai putin ocazia de a asculta muzica adevarata decat locuitorii capitalei SUA si ca de aceea sunt mai prompti in a se lasa fermecati de cea mai minora manifestare ale acestei forme de arta. Sunt de ajuns uneori cateva picaturi pentru ca o floare din Sahara sa infloreasca.
Mai trebuie sa amintesc si de importanta viorii in cultura nationala a romanilor?

Oricum ar fi, aceasta actiune deja indelung comentata va atrage cu siguranta reflectoarele criticii internationale asupra unui violonist de exceptie. Ce extraordinara carte de vizita!
De ce discurile lui sunt insa atat de rare? Vom mai vorbi cu siguranta pe aci de Alexandru Tomescu


(d'après România Liberă)

par Alain Chotil-Fani

vendredi 17 avril 2009

Splendida cetate a celor o mie de sori


a doua carte a lui Khaled Hosseini, dupa best-sellerul cu zmeele din Kabul. Nu stiu de ce am cumparat-o ca nici zmeele nu-mi placusera cine stie ce. Nu stiu nici de ce m-am fortat sa o termin, probabil dintr-un soi de masochism. Am inceput-o de cateva ori, am abandonat-o dupa cateva pagini considerand ca nu "am dispozitia necesara" pentru asemenea povesti de groaza. Am reluat-o iar (de ce??) si abia acum am reusit sa o termin (cine m-o fi pus??)
Cartea contine prea multa violenta, descrierile sunt prea crude si detaliile prea sordide. Intentia e desigur sa atinga sensibilitatile cititorului, sa-i ridice nivelul de adrenalina insa o face in acelasi mod in care o fac si filmele de groaza sau stirile de la ora 5. In rest, ca si in cazul zmeelor, din carte nu aflam mare lucru despre istoria afganistanului, nu se intelege mai nimic din ceea ce se intampla acolo. Cine se bate contra cui, de ce au venit sovieticii, de ce au plecat, cine si de ce se mai bate dupa plecarea lor, care sunt diferentele dintre mujahedini si talibani, romanul lui Hosseini nu ofera nici unul din raspunsurile la aceste intrebari. Din carte aflam doar ca de la conducere pleaca aia rai pentru a fi inlocuiti cu unii si mai rai... Si asta pentru simplul motiv ca autorul a fost interesat mai degraba de socarea cititorului punand accentul pe descrierile abrupte si detaliate ale membrelor insangerate care zboara prin aer, ale copiilor sfartecati de bombe, ale violentelor conjugale, executiilor pe stadioane, ale ororilor comise in numele religiei. Adica un fel de OTVisme literare sau descrierea in detaliu a ceea ce vedem aproape zilnic la stiri (insa acolo de multe ori imaginile violente sunt sau cenzurate sau macar anuntate dinainte ).

In ceea ce priveste caracteristicile personajelor nu se vede vreo mare evolutie fata de zmee unde lucrurile erau trasate clar de la inceput: personajul rau era chiar foarte foarte rau (psihopat, crud, brutal, nazist, pedofil, taliban), personajul las devine erou iar perosonajul victima era un monument de bunatate si intelegere. La sfarsit, evident, fiecare primeste rasplata dupa merite.

Si in mia de sori lucrurile se repeta oarecum: personajul rau e unul extrem de rau (brutal, betiv, vinovat de moartea primului copil, misogin, agresiv, violent cu femeile, in final -cum altfel?- simpatizant taliban) dar (merci allah) isi primeste pedeapsa, personajul las (Jalil) moare fara sa fi cunoscut iertarea fiicei lui dar nu inainte de a isi rascumpara greseala, personajul bun (Tariq) e declarat mai intai mort dar apoi e resuscitat (pt happy end).
Portretul lui Mariam, prima sotie a brutei Rachid e construit ca sa stoarca lacrimi : copil din flori ("vina" impardonabila in societatea patriarhala), creste in conditii mizere cu o mama jumatate nebuna si cu un tata las mai mult absent. Si ca nu cumva ca cititorul sa nu-si dea seama de traumatismul lasat de o asemenea copilarie, autorul o "sinucide" pe mama lui Miriam tocmai "din cauza ingratitudinii" fetei care il prefera pe tradatorul de taica-sau... Tatal nu e cu nimic mai breaz, o lasa sa doarma afara in fata usii casei sale, o marita fortat cu o bruta care are cu 30 de ani mai mult ca ea... Nu e dificil de imaginat ca un asemenea nefericit personaj nu poate avea decat o viata mizerabila plina de frustrari si injustitii si nu poate sfarsi decat in fata calaului sacrificandu-se neincetat pentru binele celorlalti...

Celalalt personaj feminin, Laila, creste si ea cu o mama pe jumate nebuna (autorul e obsedat se pare de imaginea mamelor astea sarite de pe fix)insa este ceva mai avantajata datorita faptului ca a crescut cu un tata educat si ceva mai prezent si ca a avut si un fel de "frate" mai mare care se transforma in iubit. Sigur ca e si ea marcata de "pacatul" comis pe podeaua sufrageriei dar si de faptul ca isi vede tatal sfertecat de o bomba in bucati care-i zboara literalmente pe deasupra capului ... De ce ii trebuia neaparat autorului sa descrie aceasta imagine ca sa ne "dam seama de cruzimea razboiului"... Allah stie.
Intre cele doua femei se naste o complicitate al carei pret va fi viata brutei rachid (uf, ce satisfactie!) dar si a blandei mariam (oooh, ce trist).
Nu va ingrijorati, pana la urma se termina si asta la fel cu zmeele, adica cu happy end hollywoodian, laila ajunge bogata (cu ajutorul bunei mariam care vegheaza) si traieste cu printul ei pana la adanci batranete...
Si cu asta eu una am incheiat capitolul citit Hosseini autor de romane de groaza, de acu incolo daca vreau violenta, sange si adrenalina o sa ma rezum la privitul stirilor.

dimanche 12 avril 2009

Clopotele zburatoare

Pentru cei mai multi dintre francezi Pastele inseamna : vacanta, oua de ciocolata si iarasi vacanta. Semnificatia religioasa nu-i intereseaza si dealtfel majoritatea nici nu o cunosc desi se declara catolici in proportie de peste 50% .
In schimb copiilor li se spune o poveste bizara, cea mai traznita fantezie religioasa pe care am auzit-o pana acum: se zice ca in saptamana Pastelui clopotelor franceze le cresc aripi si pleaca in zbor spre Roma ca sa capete binecuvantarea papei si sa poata bate din nou. La intoarcerea din calatorie clopotele aduc (fac?) oua de ciocolata pe care le parasuteaza prin gradinile oamenilor. In dimineata Pastelui toti copiii de indata ce se trezesc alearga sa caute ouale iar cu ocazia asta parintii scapa de intrebarile incomode (da' cum zboara clopotul', da' de ce nu pot sa-l vad' etc).
Traditia isi are originea in secolul al VII-lea cand Biserica a interzis tragerea clopotului incepand din Joia sfanta ca semn de doliu pentru Iisus. Si cum copiii sunt logici si cer explicatii francezii au gasit fantezia asta haioasa cu clopotele care au plecat la Roma...

Insa aici se cam inchieie povestea traditiilor pascale franceze, vacanta e mai importanta. Asta imi aminteste de un sondaj realizat acum vreo 2 ani printre cei 51% dintre francezi care se declara catolici. Din sondaj a reiesit ca doar aprox 8% sunt practicanti (asista la slujba saptamanal).

Dar ce e si mai hilar este ca unii dintre catolici declara ca "nu cred in existenta lui Dzeu" : sondajul zice ca doar 52% dintre persoanele care se declara catolice cred ca "Dzeu exista" (dintre acestia 26% sunt "siguri" si 26% zic ca "e probabil" :)

La aceeasi intrebare despre existenta lui Dzeu 10% au raspuns ca "e putin probabil" iar 7% dintre catolici spun pur si simplu ca... "nu exista"!
Mai raman 30% care au raspuns ca "habar nu au" si 1% care au refuzat sa se pronunte asupra chestiunii:)

Sondajul

Bonnes vacances de Pâques!:)

mardi 7 avril 2009

Mituri despre ateism


1. Ateii sunt suparati pe Dzeu (Allah, Yehova, Zeus, etc) din cauza experientelor lor nefaste cu religia.


Asa cum copiii care nu mai cred in Mos Craciun sunt suparati pe el ca nu primesc destule cadouri.

2. Ateii vor sa elimine religia

Tot asa cum unii viseaza sa curga vin la robinet, altii sa fie vacanta tot timpul si sa traiasca intr-o lume perfecta. Majoritatea ateilor spera doar ca religiile sa ramana in sfera privata si sa inceteze amestecul in politica, viata sociala, invatamant etc

3. Ateism = darwinism

acum o luna pana si papa de la Roma l-a sarbatorit pe Darwin (in felul lui:)

4. Ateismul e responsabil de crime contra umanitatii (holocaust, pogromuri, comunism etc)

Comunismul era ateist asa cum si capsunile sunt rosii. Asta nu inseamna insa ca toate fructele rosii sunt capsuni. Morala promovata de atei vizeaza eliberarea umanitatii de dogme, adevaruri absolute si reguli impuse.

5. Ateii sunt dogmatici pentru ca ei "cred" ca Dzeu nu exista

La fel cum unii "cred" ca lumea NU a fost creata din excremente de furnica desi legendele unui trib din africa asta sustin. Ateul crede intr-un zeu mai putin decat crestinul sau musulmanul. Adica in zero zei in loc de unul singur.

6. Ateii vor sa se autoconvinga ca nu exista Dzeu pentru ca altfel ar trebui sa admita ca sunt pacatosi si i-ar invada frica de Iad.

Morala religioasa functioneaza dupa modelul pedeapsa si rasplata. Pe scara dezvoltarii morale a lui Kohlberg acest tip de morala s situeaza la primul nivel, acela al unui copil de 4 ani care se teme de pedeapsa paterna. In timp ce, pe aceeasi scara, morala filosofica se situeaza intre nivelele 4-6.

7. Ateii sunt convinsi ca stiinta explica totul .

Stiinta nu explica totul dar e singura unealta cu care putem descrie realitatea. Fraza de mai sus se poate aplica insa religiilor, ele sunt convinse ca detin adevarul absolut revelat inca acum mii de ani. Nu degeaba spunea Voltaire despre un religios ca: "Omul acela trebuie sa fie un mare ignorant: are raspuns la toate intrebarile" (Voltaire, Dictionar filosofic)

8. Noul val de ateism e la fel de extremist ca si fundamentalistii religiosi pe care ii critica.

Asa cum chelia e o culoare a parului sau abstinenta o forma de a face sex.
Ateii sunt indivizi diferiti, nu au o ideologie si in multe domenii au pareri diferite. Singurul lucru care ii uneste este respingerea credintelor naive si irationale.

9. Ateii cred in stiinta asa cum credinciosii cred in Dzeu, e acelasi lucru

Una e sa "crezi" ca echipa ta favorita o sa castige si alta e sa "crezi" in existenta unor personaje imaginare. Un derivat al acestui mit este : "de unde stii ca speciile au evoluat ca n-ai fost tu acolo sa vezi, crezi deci ce spun altii": echivaleaza cu "de unde stii ca mama ta te-a nascut si ca nu te-a adus barza, doar nu iti amintesti nimic din momentul acela, ti l-au povestit altii"

etc

samedi 4 avril 2009

La ce ora inchide lumea invizibila



Problema nu este sa aflam daca exista o lume invizibila; adevarata problema este sa stim daca e departe de centru si la ce ora inchide.

Woody Allen

Fraza lui Woody Allen seamana cu citatul de pe blogul lui TLP (preluat de pe forumul AUR) ca raspuns la niste articole anacronice si dubioase din revista Descopera:

"Controversat sau nu, Fenomenul Paranormal Exista!" insa poate fi observat numai de ciobani, taietori de lemne, adevaratele fiice ale unei femei cu nume de nevertebrata si americani tampiti de prea mult televizor."

Articolele din Descopera nu sunt surprinzatoare, forumurile de discutii abunda de "marturii" ale fenomenelor paranormale: premonitii, levitatii, decorporalizari, vise premonitoare etc... toate exista si chiar sunt "explicate stiintific"!

Pentru majoritatea oamenilor existenta acestei lumi invizibile unde puterile paranormale isi fac de cap este o realitate evidenta. Ei sunt convinsi ca exista si ramane doar ca stiinta sa descopere intr-o zi cum functioneaza ...

E adevarat, au existat si cercetari serioase ale acestor fenomene insa toate s-au cam oprit prin anii 70 din lipsa de dovezi concludente.
Astazi o minima logica, cunoastere a probabilitatilor si a legilor fizicii ar fi de ajuns ca sa ne dam seama ca fenomenele "paranormale" nu-s decat sarlatanii.

Exista obiectii simple pe care un spirit critic e obligat sa le aduca in fata oricarei 'experiente' ce demonstreaza 'puterea mintii' sau perceptiile extrasenzoriale (adica undele care, spun paranormalii, se 'transmit' intre doua creiere).

1) Nu e suficient ca informatia sa fie emisa si transportata, e necesar si un receptor. La fel ca si pt radio: nu e de ajuns ca ne traverseaza undele, mai trebuie sa si apasam butonul de la aparatul de radio.

Insa creierul uman (ca si cel al tuturor animalelor evoluate) e insensibil la stimulii senzoriali, pentru asta exista alte organe (ochiul care detecteaza fotonii, urechea care detecteaza undele, nasul care detecteaza mirosul etc.) Celulele organelor respective detecteaza informatia si genereaza impulsuri electrice care sunt transportate de sistemul nervos pana la neuroni unde sunt decodate in anumite zone ale creierului etc.
Creierul ca organ separat nu "simte" nimic fara ajutorul celorlate organe, el e insensibil la orice informatie senzoriala. Si atunci cum poate acea informatie continuta in "noianurile de unde" sa ajunga sa fie decodata de creierul nostru si tradusa in "ma duc sa fac o cafea" sau intr-o imagine de cosmar sau in imaginea prietenului nostru pe care nu l-am mai vazut de 10 ani dar care o sa ne sune maine?

2) Mai mult, cum e "tradusa" informatia cand e vorba de 2 persoane care nu vorbesc aceeasi limba? cum pot atunci acele "procese cognitive" sa decodeze informatia? sau undele astea se transmit doar intre prieteni? cum stiu sa detecteze pe cel cunoscut de un oarecare de pe strada?

3) sa presupunem insa ca din creierul uman "iese" si altceva, o un alt tip de informatie necunoscuta ... Ar trebui deci sa existe celule specializate sensible la aceste forte necunoscute. Ori pana acum nu a fost detectat nici un organ "in plus" in corpul uman care ar putea servi la perceptii extrasenzoriale, nici o suprafata inutilizata in creier susceptibila la a fi folosita in decodarea informatiei primite de la un alt individ.

5) pentru moment cercetatorii au pus in evidenta doar 4 forte fundamentale. Nici una din ele nu poate fi responsabila pentru telepatie sau psihokinezie. Inseamna ca exista o alta forta necunoscuta inca?! si ca aceasta patrunde in creierul uman trecand prin craniu la fel ca razele X insa nu e masurabila si nu mai e intalnita niciunde altundeva in natura?


6) Daca omul are aceasta capacitate extraordinara de a comunica si altfel decat prin cele 5 simturi, de ce evolutia nu a selectionat indivizii care poseda aceasta capacitate? De ce nu nici o aplicatie tehnica nu a putut fi dezvoltata pornind de la aceasta observatie? de ce nu sunt cei care au aceasta capacitate la conducerea planetei?

De ce cred oamenii in superstitii?
Povestile "paranormale" de care abunda presa si forumurile pot fi explicate simplu prin iluzii optice, coincidente sau modul in care functioneaza memoria umana. Exista insa si un alt mod de abordare a fenomenului, din punctul de vedere al psihologiei de dezvoltare.

Doua cercetatoare finalndeze (Marjaana Lindeman si Kia Aarnio) au oferit o explicatie interesanta, bazata in principal pe notiunile de "cunostiinte fundamentale" (core knowledge).

Conform studiilor psihologilor, intelegerea lumii de catre un copil se bazeaza pe 3 tipuri de cunostinte:
- fizica intuitiva
- psihologie intuitiva
- biologie intuitiva
O parte din aceste cunostinte sunt regrupate sub numele de "cunostinte fundamentale": e vorba de acele cunostinte pe care copilul le invata singur si nu din interactia cu adultii. Aceste cunostinte se achizitioneaza pana la varsta de 3 ani si vor forma baza viitoarelor mecanisme de invatare;

Cunostiintele fundamentale de fizica includ ideea ca lumea e formata din obiecte materiale care au un volum si o existenta independenta in spatiu.
Cunostintele fundamentale de biologie se aplica in cautarea hranei si evitarea infectiilor
Cunostintele fundamentale de psihologie includ ideea ca animalele pot actiona asupra obiectelor si ca ele se pot deplasa fara o interventie exterioara. In acelasi timp copiii inteleg ca elementele spiritului (ganduri, idei, credinte) sunt imateriale si ca nu au aceleasi proprietati ca entitatile la care se refera (de ex: "ideea unui caine nu musca").

Cum e posibil ca din copii atat de rationali sa rezulte adulti superstitiosi? O explicatie posibila este ca cele 3 tipuri de cunostinte fundamentale se suprapun si sunt aplicate in mod irational in afara categoriei lor. Confuzia intre tipurile de cunostinte ne face sa atribuim gandurilor proprietati fizice, sa credem ca ele pot misca obiecte (psihokinezie) sau pot sa se deplaseze de la un creier la altul (telepatie). Tot aceeasi confuzie ne face sa atribuim obiectelor o vointa proprie si intentie.

Testarea teoriei

Testele pentru verificarea acestor ipoteze au plecat de la ideea ca, in comparatie cu scepticii, indivizii credinciosi ar trebui sa atribuie mai des entitatilor psihologice caractere fizice sau biologice . La teste au partcipat 239 de voluntari separati in doua grupuri (sceptici si credinciosi), marea majoritate studenti. Acestora li s-a cerut sa dea note de la 1 la 5 in functie de cum li se pare o anumita fraza:
- 1 pt fraza total metaforica
- 5 pt fraza total literara
- 2-4 intre cele doua

In jumatate dintre frazele propuse entitatilor materiale li se atribuiau proprietati psihologice, de ex:
"mobilele vechi cunosc trecutul"
"vara plantele vor sa infloreasca"


Alte fraze priveau mentalul si proprietatile fizice atribuite lui:
"gandul unui om instabil se dezagrega"
"rautatea e contagioasa"


etc

Pentru a determina confuzia intre evenimentele intentionale si non intetionale s-a utilizat o lista de evenimente din viata de zi cu zi. Pentru fiecare din ele subiectul trebuia sa spuna -tot pe o scara de la 1 la 5- daca pentru el evenimentul respectiv avea un "motiv". De fapt, evenimentele descrise nu se intampla niciodata cu un "motiv", ele au doar "cauze".

Ex:
"a trage cartea favorabila la un joc de carti"
"franele masini nu functioneaza"
"un fulger trazneste un arbore"

Concluzie

In comparatie cu scepticii, credinciosii atribuie cu mai mare usurinta trasaturi fizice sau biologice fenomenelor mentale. De asemenea tot ei atribuie si caracteristici mentale obiectelor intr-o maniera literala si nu metaforica.
Tot credinciosii afirma intr-o proportie mai mare decat scepticii ca evenimentele aleatorii sau climatice au avut un "motiv" pentru a se produce.
Experienta a mai aratat faptul ca manifestarea diverselor credinte (in astrologie, feng shui, paranormal etc) e asociata unei confuzii intre cunostiintele fundamentale, a unei mai mari tendinte de a se increde in "intuitie" si a unei gandiri analitice mai putin performante. Toate astea pe fondul unei instabilitati emotionale crescute**

Toate acestea au condus la concluzia ca superstitiile si credintele irationale se nasc dintr-o utilizare abuziva a gandirii intuitive si nu neaparat dintr-o eroare de rationament.

Confuzia genurilor intre cunostintele fundamentale este numitorul comun a unui larg spectru de credinte, de la animism la Feng Shui trecand prin paranormal si telekinezie.
Aceasta confuzie poate fi asociata a ceea ce cercetatorii identifica ca unul din fundamentele credintelor in paranormal: ideea unei esente comune a unor categorii distincte.
Antropologii spun de ex ca una din bazele credintelor magice ale unei populatii din Noua Guinee provine din notiunea de NU, esenta vitala. Aceasta esenta traduce ideea ca totul in cosmos e interconectat unui acelasi principiu fundamental.
E vorba bineinteles de un exemplu evident de confuzie a genurilor in cele 3 tipuri de cunostinte fundamentale.

**Instabilitatea emotionala a fost masurata pe sub-scara neuroticism a NEO Five-FActor Inventory (McCrae si Costa, 1987). Acest test permite masurarea anxietatii, a depresiei, constiintei de sine, vulnerabilitatii, impulsivitatii si ostilitatii.

SURSA