mercredi 14 novembre 2007

Conférence sur Dvořák


A l'automne 2007, la bibliothèque de Sainte-Lucie de Porto-Vecchio, en Corse du Sud, m'a demandé de préparer une mini-conférence sur Antonín Dvořák. Je me suis bien volontiers plié à cet exercice qui m'a donné l'occasion de rencontrer un public chaleureux, le 8 novembre 2007.
Voici le texte de cette intervention. Il peut naturellement servir de base à ceux qui, comme moi, tentent de mieux faire connaître le grand compositeur tchèque.


Imaginons, l’espace d’un instant, que nous nous trouvions sur une île – pas une île aussi jolie que la Corse, bien entendu, mais presque aussi connue, puisqu’il s’agit de Manhattan. Il y a un peu plus d’un siècle, nous aurions pu croiser au hasard des vastes avenues de New York une dame distinguée, fort élégamment vêtue et au regard déterminé.
Car Jeannette Thurber a une grande idée, un projet extraordinaire : modifier le cours de l’histoire musicale de son pays, fonder une véritable musique américaine. Elle peut pour cela compter sur son immense fortune. Grâce à elle, elle a créé un conservatoire privé, le Conservatoire de musique de New York. Mais aujourd’hui, le poste de directeur est vacant. Et s’il existe beaucoup de compositeurs américains, aucun d’entre eux n’a encore atteint une notoriété internationale. Du reste, les musiques qu’ils écrivent se démarquent, en général, à peine de leurs modèles européens. La véritable musique américaine reste à créer : voilà le but de Jeannette Thurber.

Sa quête d’un grand nom de la musique capable de l’aider dans cette tâche utopique lui fait rapidement choisir Antonín Dvořák. Encore de nos jours ce choix peut nous surprendre. En effet, si l’on demande de citer spontanément un compositeur célèbre de la fin du XIXe siècle, l’on évoquera volontiers Verdi, Brahms, Tchaïkovski, Saint-Saëns ou Mahler. Alors, pourquoi Dvořák ? Pour le comprendre, faisons un rapide retour sur la vie de ce compositeur et sa place dans l’Europe musicale de son temps.

Avant tout, éclaircissons une bizarrerie de prononciation, puisque là où nous lisons « Dvorak », nous prononçons « Dvorjak ». L’explication de cette énigme tient à un petit accent, surmontant la lettre « r » et modifiant sa prononciation habituelle. Le son étrange qui en résulte, difficile à reproduire en français, se rapproche de « rj » ou « rche ». Mais pour n’importe quel Tchèque cela ne pose aucun problème.

Car Dvořák est un enfant de la Bohême, né au cœur de la campagne tchèque.

Suite tchèque, mouvement 2 (Polka) - extrait

A sa naissance en 1841 son existence semble toute tracée. La famille de Dvořák est pauvre et le jeune garçon est destiné à reprendre le commerce de son père – un aubergiste qui est aussi le boucher-charcutier du village. Mais très vite le jeune homme manifeste une passion immodérée pour la musique. Il faut dire qu’à cette époque, toutes les écoles des pays de Bohême mettent un accent particulier sur l’éducation musicale. Ainsi, le maître d’école, nommé kantor, maîtrise aussi bien la musique que la grammaire ou l’arithmétique. Et il inculque à ses élèves une solide culture musicale de base. Aux plus doués d’entre eux, le kantor apprend même la pratique d’un instrument. Antonín étudie ainsi le violon, l’alto et même l’orgue. L’opposition de son père est vive. Le jeune garçon ne devrait-il pas concentrer ses efforts sur l’apprentissage de la langue allemande, gage incontournable de reconnaissance sociale dans l’empire autrichien ? Et quelle meilleure carrière rêver que celle du boucher du village ?
Aussi prend-il la décision d’envoyer l’enfant étudier dans des villes plus lointaines pour le soustraire à la néfaste influence des kantors locaux. Mais rien n’y fait. Partout les instituteurs le remarquent et encouragent sa vocation musicale. A l’âge de seize ans, la cause est entendue. Antonín ne sera jamais le boucher du village. Il rejoint Prague, la capitale, pour parfaire son apprentissage. Livré à lui-même, il obtient un diplôme d’organiste et joue dans des orchestres de variété pour gagner sa vie. Un concours de circonstances lui permet d’être embauché dans l’orchestre de l’opéra. Pendant plusieurs années, Dvořák va jouer au cœur de l’orchestre les plus grands succès du répertoire international : opéras italiens, allemands, français se succèdent au programme. Et fort de cette expérience, il compose déjà de nombreuses partitions. Ses œuvres sont remarquées par le plus grand compositeur tchèque de l’époque, Bedrich Smetana, qui en donne la première audition publique.

Danse slave n° 5

Ses premiers succès pragois encouragent Dvořák : il décide de devenir compositeur de métier. Dorénavant, il vivra de l’écriture de sa musique. Et, en l’espace de quelques années, ses œuvres sont remarquées par les plus grands : l’allemand Johannes Brahms, subjugué par son art, devient son ami. Il lui trouve un éditeur et le présente aux cercles musicaux viennois. Le nom de Dvořák s’impose soudain sur les plus grandes scènes européennes. Prague, Vienne, Berlin, Dresde, Budapest, Londres le plébiscitent, programment ses œuvres, réclament des nouveautés. Même la Russie l’invite, à l’initiative de Tchaïkovski. Seule la France reste à l’écart de ce succès.

Fait exceptionnel, Dvořák compose dans tous les genres : des symphonies et des concertos, comme Brahms ; des trios et des quatuors, comme Schubert ; des opéras, comme Verdi et Wagner ; des poèmes symphoniques, comme Liszt ; des lieder et des pièces pour piano, comme Schumann ; des cantates et oratorios, comme Mendelssohn… Mais la musique de Dvořák lui est éminemment personnelle. Privilégiant la mélodie, son art est caractérisé par une spontanéité de tous les instants. Jamais sa musique ne semble empruntée, précieuse ou affectée. Elle est toutefois construite avec un métier sûr, et une grande science de l’instrumentation.

Symphonie n° 7, mouvement 4 - extrait

Dvořák met un soin particulier à s’inspirer de l’art populaire de son pays, la Bohême, pour le magnifier dans ses grandes partitions. Mais là où d’autres que lui utilisent des airs préexistants pour les confier aux instruments classiques, Dvořák préfère inventer des mélodies originales dans l’esprit des airs populaires. Cette approche d’une grande exigence le distingue, par exemple, d’un Brahms qui recueille des airs populaires joués par des Tziganes pour ses propres Danses Hongroises. Rien de tel chez Dvořák, qui invente de nouvelles musiques en leur conférant une âme véritable.
Pour mieux comprendre cette démarche originale, imaginons un artiste peintre capable de créer de toutes pièces un paysage qu’il a imaginé, mais qui nous semblerait tout de même très familier. Un tel artiste aurait su dépasser le stade de l’imitation, aussi somptueuse soit-elle, pour atteindre celui de la compréhension des rouages intimes de la beauté artistique.

Symphonie n° 8, mouvement 3 - extrait

L’un de ses grands plaisirs est de mettre en musique la rêverie. Il aime à composer des passages où la mélancolie et la joie étourdissante se mêlent étroitement, à la façon des pensées du rêveur laissant vagabonder son âme. Ces rêveries musicales, que Dvořák appelle « Dumka », comme les chansons ukrainiennes du même nom, forment la matière de son dernier trio pour piano, violon et violoncelle. Nous écoutons ici un passage de ce trio, tour à tour méditatif, aimablement songeur, puis presque solennel avant de s’achever par une jubilation exubérante, réminiscence de quelque moment agréable.

Trio Dumky, mouvement 2 - les trois dernières minutes

Il devient, au début de la décennie 1890, l’un des plus grands compositeurs en activité, et reconnu comme tel. Voilà pourquoi l’Américaine Jeannette Thurber pense à lui pour diriger son conservatoire de New York. S’il a réussi à faire chanter son pays natal dans ses compositions, pourquoi ne réussirait-il pas à en faire autant avec la musique populaire américaine ?

A Manhattan, Dvořák s’intéresse en effet à la musique populaire. Mais à la surprise générale, le compositeur tchèque s'enthousiasme pour les chants des Noirs, que l’on appelait à l’époque « musique des plantations » et que nous désignons depuis par « Negro spirituals ». Il trouve ces chants si originaux et attachants qu’ils représentent, selon lui, le futur de l’Amérique en musique. Dvořák en est tellement convaincu qu’il s’en ouvre à la presse américaine. Il déclare que la symphonie qu’il compose aux Etats-Unis est en partie inspirée par la musique nègre. Cette opinion soulève une tempête de controverses tellement elle tranche sur la conviction bien-pensante de l’époque. Le genre de la symphonie est l’un des aboutissements de la grande musique, obéissant à des exigences ardues et l’on ne comprend pas très bien comment la musique populaire noire pourrait s’accorder avec une telle composition savante. La polémique, d’où une arrière-pensée raciste n’est pas absente, traverse même l’Atlantique et provoque quelques remous en Europe. Mais l’inspiration revendiquée par Antonín Dvořák ne s’arrête pas là, puisqu’il a également étudié la musique indienne. Il a même envisagé de composer un opéra sur le Chant de Hiawatha, un poème de l'écrivain Longfellow sur la vie légendaire de Hiawatha, un jeune indien. Cet opéra ne verra jamais le jour mais certaines de ses idées se retrouvent dans la Symphonie du Nouveau Monde.

Symphonie n° 9, mouvement 1 - extrait

La première audition officielle, le 15 décembre 1893 au Carnegie Hall de New York, est particulièrement attendue. Et le concert s’achève par les plus grandes ovations que Dvořák ait jamais reçues. L’ensemble du public, debout, est tourné vers la loge du compositeur et scande son nom. Même les musiciens de l’orchestre et le chef restent sur leur estrade et ovationnent Antonin Dvořák. La symphonie du Nouveau Monde s’impose immédiatement au répertoire, aux Etats-Unis, et bientôt en Europe où elle devient l’un des piliers des concerts symphoniques. Elle l’est encore aujourd’hui, même si tous les auditeurs ne connaissent pas l’histoire mouvementée de sa naissance.
Son second mouvement est, selon les mots du compositeur, inspiré par un passage poignant du Chant de Hiawatha. Il évoque en effet la mort et l’enterrement de Minehaha, la compagne de Hiawatha.

[extrait lu du chapitre La Famine]

Nous allons écouter quelques minutes de ce mouvement.
Il s’ouvre par une majestueuse introduction des cuivres et laisse bientôt entendre le cor anglais, dans l’un des plus beaux solos du répertoire. En dépit de son nom, l’instrument appelé « cor anglais » est une sorte de hautbois, et non un cor. Il suffit d’un peu d’imagination pour évoquer l’aspect légendaire et poignant de ce récit.

Symphonie n° 9, mouvement 2 - les trois premières minutes

Mais il serait une grave erreur de croire que cette symphonie est américaine. Elle s’inspire, il est vrai, de procédés d’écriture propres à la musique noire, sans pour autant ne citer aucun air connu. Mais elle comprend aussi plusieurs éléments typiquement tchèques, comme un rythme de polka. L’inspiration nationale, américaine ou européenne, est en vérité transcendée par l’écriture de l’œuvre. Ainsi, les Américains ont remarqué des sonorités orchestrales qui leur faisaient penser à des cornemuses écossaises ou irlandaises. Or, peu de gens le savent, mais la cornemuse est également un instrument typique de la campagne tchèque ! D’où l’importance de bien peser ses impressions et surtout de se garder de conclure trop hâtivement. L’essentiel n’est-il pas ailleurs, dans le pouvoir évocateur et la beauté indicible de cette musique ?

Prenons par exemple le 4eme mouvement. C’est le passage le plus connu. Son abord vertigineux, sa puissance, sa ferveur ont pu occulter les autres beautés intimistes de la symphonie, qu’il faut prendre le soin de découvrir dans son intégralité sans quoi l’on ne pourrait prétendre la connaître et l’apprécier. Ecoutons cette fameuse introduction :

Symphonie n° 9, mouvement 4 - les deux premières minutes

Le monde américain impressionne durablement Dvořák, puisqu’il y compose d’autres partitions devenues célèbres, comme un quatuor à cordes et un merveilleux concerto pour violoncelle. Mais vaincu par le mal du pays, il revient définitivement en Bohême après trois saisons passées à NY. Ni les offres financières démesurées, ni les charmes certains de Mme Jeannette Thurber ne furent assez puissants pour le retenir outre-Atlantique.

Quelques années seulement après le séjour de Dvořák à New York, la musique de jazz s’impose en Amérique et fascinera bientôt l’Europe. Même les plus grands compositeurs classiques s’y intéresseront et y puiseront une inspiration renouvelée. Dvořák avait vu juste.

Ecoutons un extrait de son Quatuor Américain, inspiré par la musique blues :

Quatuor n° 12 "Américain", second mouvement, deux premières minutes

A la suite de son retour en Europe, Antonín Dvořák se plonge dans l’étude des légendes et contes de fées. Il y trouve des idées assez fortes pour ses derniers poèmes symphoniques, d’une puissance et d’une noirceur inattendues. Et il écrit au début du XXe siècle son plus grand opéra, Rusalka, inspiré par La petite sirène de Hans Christian Andersen. Ecoutons un court extrait de ce conte de fées lyrique : l’héroïne confie à la Lune sa solitude et son espoir de trouver un monde meilleur.

Ode à la lune, de Rusalka, deux premières minutes

Il y a un peu plus d’un siècle, au hasard des rues de New York, nous aurions pu remarquer un jeune garçon d’une dizaine d’années, immobile comme frappé de stupeur par un air de musique s’échappant d’une maison toute proche. Jamais encore le petit George Gershwin n’avait entendu une mélodie si belle. Ce jour-là, il décida de consacrer sa vie entière à la musique – et c’est ce qui devait arriver. Il ne savait pas encore que cette mélodie envoûtante, curieusement intitulée Humoresque, avait été composée par un musicien du nom de Dvořák.





Powered by WebRing.



Idiotii si geniile

Pe forumuri de discutii se mai trezeste din cand in cand cate unul care se catara pe un piedestal si de acolo imparte lumea in "inteligenti si prosti", "babe de la tara si oraseni scoliti", "moase comunale si medici cu iecsperienta", adeptii OMS si bagatori de seama, OTV-isti si "Discoveristi", "plesieni si becaliceni", "manelisti si rockeri" etc
Las la o parte retorica intrebarilor existentiale "de ce unii e prosti si altii e dashtepti" , "de ce unii e culti si altii e inculti", oricum intrebarile astea nici nu asteptau raspuns caci autorul lor s-a autoinclus din start in categoria 'desteptilor' si a 'cultilor" prin urmare el stie deja raspunsul corect. A vrut insa sa arate celorlati (prostilor, deh) ca el face parte din "elita", sa-si etaleze vastele cunostinte in materie de "Jet-set" la moda, sa ne spuna ca l-a citit pe Plesu si ca a auzit de Marie Rose Mociornita (apropos, asta ce-o mai fi facut de ne e data de exemplu? a inventat o noua forma de energie? vaccinul contra sida? io credeam ca e doar urmasa unui industrias din romania interbelica, ete mare scofala, are si ea meritul ca s-a nascut.)

Trecand insa peste aceasta atitudine dezagreabil de aroganta, e interesanta intrebarea despre alegerile pe care le fac unii intre stiinta si pseudostiinte, intre sfatul medicului sau datul cu parerea al vecinei de la 7, intre bioenergie si medici "reputati" etc.
Autorul mesajului a omis (nu intamplator:) unele intrebari esentiale:"
- de ce sarlatanii homeopati si nu medicii adevarati"?"
- de ce remedii homeopate cu 'nimic' si nu cu medicamente obtinute in urma studiilor stiintifice riguroase?"
- de ce oscillococcinum impotriva racelii si nu o friptura de rata (rezultatele stiintifice arata ca au acelasi efect)

Bineineteles ca intrebarile pot continua si in alt registru:
- de ce Biblia si nu Istoria Religiilor
- de ce religia in scoli si nu Istoria stiintei
dar deja e vorba despre altceva.

Revenind la 'sfaturile babesti' si pseudo-stiintifice vs sfaturi medicale, pe de-o parte exista tendinta fireasca a oamenilor de a crede in "miracole" iar pe de alta exista sarlatanii (bioenergeticieni, samani, homeopati) care profita de aceasta naivitate, asa a fost de cand lumea.
Insa baba din capul satului care iti descanta de deochi sau samanul care iti afuma pene de strut sub pat sunt macar mai sinceri si deci mai respectabili decat homeopatul care pretinde ca isi vindeca pacientii cu "vacuum cuantic" si le prescrie bilute de zahar colorat imporiva racelilor desi el stie ca acestea nu au efect. Mai mult decat atat, in timp ce primii isi folosesc doar carisma personala pentru a convinge si multi dintre ei cred cu adevarat in ceea ce spun, sarlatanii homeopati folosesc diploma de medic pentru a conferi autoritate tratamentelor lor cu apa chioara ceea ce este mult mai condamnabil.
Prin urmare piedestalul pe care se catarase autorul mesajului s-a dovedit pna la urma a fi cam subred ...

lundi 12 novembre 2007

Aca pe vapor


Dupa ce asta vara, in Mexic, am facut cunostinta cu Mr Dean, un ditamai uragan de forta 5, iata ca sambata am trait si prima furtuna pe mare, in Mediterana de data asta. Ne-am imbarcat cu totii de cu seara pe "bato"-ul (vapor) cel mare, ne-am instalat in cabinele unde trebuia sa petrecem noaptea urmatoare (timpul prevazut pentru traversarea Porto Vecchio - Marsilia era de 14h) si dupa aceea am incercat sa uitam de vantul puternic de afara omorandu-ne seara la bar. Cand am adormit pe fotoliile de acolo mama m-a luat in brate si am pornit spre cabinele noastre. De abia cand am ajuns pe culoar ne-am dat seama cat de mult e misca vaporul, cand piciorul se ridica sa faca un pas, podeaua se retragea dintr-o data asa ca mama avea un mers saltaret tare caraghios, cam ca al lui armstrong pe luna.
Mie nu mi-a fost rau, nici frica, am dormit neintoarsa de indata ce m-au pus in pat. Insa stiu ca mama n-a inchis ochii prea mult, spune ca avea senzatia unei caderi in gol de la etaj... si asta la fiecare 3 minute. Bineinteles ca in caderile astea repetate stomacul ramanea undeva in urma, il regasea abia la urmatoarea tura:)
Totusi mama a reusit sa-si pastreze continutul stomacal, nu acelasi lucru pot spune despre alti pasageri, dimneata pe hol plutea o miasma infernala...
Am ajuns cu intraziere de 2 ore la Marsilia , faceti si voi socoteala, asta inseamna un total de 16 ore intr-o tiribomba infernala.
Azi mi-am reluat activitatile obisnuite, pe Foafoa insa am intampinat-o cu urlete ca nu voiam cu nici un chip sa plece mama iar la birou...

Noile mele achizitii lingvistice:
"oba" = au bain (cand mi se face somn il previn pe papa ca a sosit ora de baie)
"atab" = à table (cand mi se face foame => ii chem pe toti la masa)


In port la Marsilia










De pe vapor





mercredi 7 novembre 2007

A 12-a dimensiune

Pe forumuri de discutii se dezbate posibilitatea vietii dupa moarte. Printre banalitati ucigatoare si discursuri religioase se mai strecoara si cate o intrebare "existentiala": oare daca nu vedem inseamna ca nu exista? In sprijinul acestei 'dileme' e adusa metafora cu foaia de hartie si cu morcovul (am mai vazut-o in varianta cu marul sau alta leguma, in functie de preferintele autorului), ceva de genul asta:

ideea de a exista intr-o lume pur bidimensionala adica sa fie ce vor ei un triunghi sau un patrat sau ce doresc care-si duc existenta intr-un plan si vine un morcov care se apropie de plan apoi il atinge il traverseaza si intrebarile erau:
1. Ce credeti ca va vedea fiecare dintre voi in legatura cu morcovul?
2. Dat fiind faptul ca tot ceea ce puteti percepe este doar ceva bidimensional inseamna ca acel morcov nu exista sau mai exact exista doar ca si forma (suprafata) bidimensionala? Acum gandind tridimensional probabil veti zambi pentru ca inevitabil voi intreba ce credeti ca nu mai exista a patra a cincea a n-a dimensiune? Pentru banalul motiv ca suntem construiti pt un spatiu (geometric discutand) tridimensional? Sau daca nu vedem inseamna ca nu exista? Sau daca nu avem experienta inseamna ca nu exista? Sau daca nu stim inseamna ca nu vom sti?
Undeva am citit ca povestioara i-ar apartine lui Carl Sagan (n-am reusit sa aflu daca e adevarat) care incerca sa explice pe intelesul tuturor existenta altor dimensiuni, insa ea e utilizata de religiosi pentru a ne transmite ideea ca 'orice e posibil'

Exista insa doua mari erori in aceasta 'metafora'. Prima e de ordin stiintific, la intrebarea no 1, ce "credem" ca vom vedea in legatura cu leguma tridimensionala, raspunsul este simplu: nu trebuie sa "credem" nimic, e de ajuns sa ne interesam despre ce zice stiinta in legatura ca existenta altor dimensiuni.
Fizicienii au presupus demult existenta altor dimensiuni si chiar daca pentru omul de rand sunt imposibil de imaginat, stiintificii le-au introdus in calcule si le-au utilizat la elaborarea unor teorii. Una din acestea este "teoria superstringurilor " care presupune ca exista 11 dimensiuni, (de fapt, 10 dimensiuni + timp) si, mai mult, presupune existenta unor universuri paralele, cu alte constante. Scopul declarat al teoriei superstringurilor este acela de a unifica mecanica cuantica cu teoria relativitatii generale (adica, mai pe intelesul nostru legile care se aplica spatiului 'infinit de mic' cu cele aplicabile universului "infinit de mare"). Deocamdata aceasta teorie e la nivel de speculatie (desi riguros stiintifica) deoarce ipotezele de la care pleaca nu au putut( inca ) sa fie verificate. Insa cand aceasta teorie va fi validata si se va dovedi adevarata acest fapt va reprezenta una din cele mai mari reusite ale mintii omenesti. E posibil ca acest eveniment sa nici nu fie chiar atat de indepartat, unii stiintifici si-au pus mari sperante in acceleratorul de particule LHC care va fi pus in functiune in 2008 si despre care se spune ca va creste sansele validarii teoriei superstringurilor.
Articole interesante la subiect:
- articol in romana
- New York Times despre superstringuri si "intelligent design".

Faptul ca exista o controversa stiintifica in ceea ce priveste corzile vibrante nu ne impiedica sa admiram modelele stiintifice propuse pentru a sugera "ce vedem" dintr-o alta dimensiune (vezi imaginile de mai sus), prin urmare intrebarea nr 1 isi gaseste usor raspuns fara sa apelam la supranatural..

O a doua eroare este una de logica: utilizatorul povestioarei vrea sa ne faca sa acceptam existenta unei divinitati doar pe baza indoielilor, "daca nu se vede nu inseamna ca nu exista". Insa indoiala se poate aplica la orice, de ce sa ne oprim numai asupra unui personaj? Tot la fel am putea si sa presupunem ca daca nimeni nu l-a vazut pe Mos Craciun, nu inseamna ca nu exista. Sau daca nu l-am intalnit pe Mickey Mouse asta nu inseamna ca, intr-o alta dimensiune, nu exista soareci vorbitori care canta la pian. Exemplele pot continua, admitem astfel ca "e posibil" ca "intr-o alta dimensiune" sa existe si strumfi portocalii, si cai verzi si omul paianjen si Darth Vador. De ce nu?


Pentru cei curiosi sa afle raspunsurile date de stiinte la alte asemenea intrebari 'existentiale', in revista Science et Avenir din luna noiembrie 60 de savanti raspund intrebarilor despre viitor.
Despre viitorul Universului :
  • Big-Bangul a avut loc?
  • Va ajunge omul pe marte?
  • Exista mai multe universuri?
  • Suntem singuri in Univers?
  • Terra va inceta sa se roteasca?

Despre viitorul plantei:
  1. Cum va arata Terra mâine?
  2. Continentele se vor lipi?
  3. Planeta va suporta 9 miliarde de oameni?
  4. Pestele are viitor?
  5. Campul magnetic se va inversa?
  6. A sosit sfarsitul marilor primate?
Despre viitorul omului :
  • Cum va arata creierul omului de maine?
  • La ce foloseste moartea? (paradoxal dar la.... supravietuire! din punct de vedere evolutionist moartea exista pentru ca ea nu reprezinta un dezavantaj selectiv insa lucrurile nu sunt chiar atat de simple. La nivel celular destinul oscileaza constant intre imortalitatea celulelor si consecinta ei tragica: cancerul sau cealalta varianta, adica imbatranirea. Mecanismele de imbatranire celulara au fost deci selectionate ca sisteme de aparare anti-cancer, prin urmare senectutea ne apara de ...moarte)
  • Cine era Luca?
  • In curand vom fi toti metisi?
  • Dragostea ne face inteligenti?
  • Cand vom putea comanda bebelusii?
  • Constiinta poate fi vizibila?
  • Avem liber arbitru?

Despre viitorul...viitorului:
  • Poate disparea stiinta?
  • Vidul este chiar vid?
  • Bosonul lui Higgs (despre acceleratorul de pricule LHD despre care spuneam mai sus)
  • Zborul Paris New york va dura o ora? (da, cu ajutorul avioanelor hipersonice)
  • Ce facem cu antimateria?
  • Inteligenta va deveni globala (da, in era tehnologiei constiente cand toti vom avea implanturi de microcipuri cu acces continuu si direct la o sfera de informatie)
  • Ce este timpul?
  • Cand vom avea calculatorul cuantic?

Despre viitorul...trecutului:
  • Cand a devenit maimuta om?
  • Vom reinvia dinozaurii?
  • Unde a disparut omul de neanderthal?
  • A existat o limba-materna initiala?
  • De ce dispar civilizatiile? D
  • arwin e amenintat de religie? (da)
  • Cine a fost primul artist?


Dar cred ca cel mai bun raspuns la 'anectoda' intiala este o alta 'anecdota', povestita de Victor Hugo:
Se spune ca astronomul Laplace a fost chemat de Napoleon care i-a reprosat ca in cartea lui "Mecanica celesta" si-a permis sa refaca tot sistemul lumii, sa emita legi ale creatiei fara a se referi nici macar o singura data la Dzeu. La aceasta Laplace ii rapsunde
"Sire, dar n-am avut nevoie de aceasta ipoteza"...

lundi 5 novembre 2007

Aca in Corsica

Am ajuns in corsica, la bunica nana, e soare si frumos aici chiar daca e inceput de noiembrie, plus ca sunt atat de multe animale! Pe catelul meu preferat il cheama Mais, dar mie imi e mai usor sa-i zic tot Bobe. Sunt multe pisici, am loc de alergat pe colinele din jur si am chiar si un momogan (sau tobogan) doar pentru mine.
Am ajuns aici cu vaporul, am calatorit o noapte intreaga. Mama mi-a spus ca pe mare a fost furtuna si ca vaporul s-a cam zgaltait un pic in timp ce eu dormeam. Nu am simtit nimic, desi mama mi-a spus ca am cazut din pat si ca am dormit sub masa o parte din noapte.

Toata lumea aici ma rasfata, nananana (adica bunica nana), Ioio (Jean-Jo) si tati (tataie din ro).
Azi am fost la Bonifacio, cel mai sudic punct al insulei si locul unde se zice ca s-a refugiat Ulise din calea uriasilor Lestrygoni. Am vazut falezele uriase si portul cu vapoare.




Am invatat cuvinte noi:
mogogan = tobogan
cacan = telecomanda
gagad = regarde
Goto = Diego
bae =balena
disi = dinti (spalat pe dinti)
muchi = pinguin
papu = iepuras
poua = ploua (la meteo)
Bais= Mais (catelul)


Mesajul lui Aca

ç"zoééz_ézç& çi O23O199 1 9191 9²1111111111111111111111111111111111²²²²²²²²²2828281L

samedi 3 novembre 2007

Eleganta ariciului

"Doamna Michel are eleganta ariciului: exteriorul e baricadat de tepi, o adevarata fortareata dar am intuitia ca in interior este la fel de rafinata ca si aricii, animale fals indolente, incapatanat de solitare si teribil de elegante.(1)


Iata explicatia titlului. Cartea lui Muriel Barbery, mare succes al anului 2007 care a si primit 'premiul librarilor' mi-a fost recomandata de un prieten caruia ii multumesc, nu atat pentru lectura agreabila cat pentru faptul ca ma cunoaste atat de bine incat a stiut ca o sa-mi placa:)
Am inceput cartea in tren, si nu unul oarecare ci in acceleratul de Cluj, destinatia mea finala fiind Caracal. Aveam loc intr-un vagon de clasa doua datand din timpuri imemoriale prin ferestrele caruia suiera vantul, canapelele isi uitasera demult culoarea iar usile se mai tineau intr-o balama.
Locul actiunii ariciului elegant e stabilit intr-un imobil parizian chic, situat pe o strada chic, 7 rue de Grenelle, dintr-un arondisment foarte chic situat in centrul Parisului.
In acelasi compartiment cu mine calatoresc cativa studenti, din cate povestesc ei sunt la AS sau jurnalism, nu se intelege prea bine. Asculta manele, citesc reviste 'people' Click si discuta despre ultimul mostenitor aparut in lumea pseudo-vedetelor locale, obtinut prin incrucisarea dintre regele gunoaielor cu regina televiziunilor de bloc.

In carte incep sa se contureze personajele. Renée, 54 de ani, gardian de imobil parizian, micul ei secret consta in inteligenta si cultura de care dispune si care depaseste nivelul tuturor locuitorilor imobilului la un loc. Renée considera insa acest fapt ca un defect si face tot felul de artificii pentru a nu iesi din "normele" stabilite de societate. In timp ce televizorul debiteaza seriale insipide, Renée citeste Freud si filozofie medievala, savureaza filme japoneze. E o mare admiratoare a literaturii ruse, are un motan (obez) pe care il cheama Leon (la fel ca pe marele Tolstoi)
Intelegem deindata ca "Aparentele inseala"...
"Ma numesc Renée, am 54 de ani si sunt administratorul unui imobil burghez. Sunt vaduva, scunda, urata, grasa, am bataturi la picioare si, daca e sa ma iau dupa cateva dimineti auto-incomode, o respiratie de mamut. Dar, mai ales, sunt atat de conforma imaginii unui gardian de imobil ca nimanui nu i-ar trece prin cap ca sunt mai cultivata decat toti acesti bogati autosuficienti."(2)

In acelasi bloc, la etajul 4, intr-un apartament de oameni bogati, locuieste Paloma, 12 ani, pre-adolscenta supradotata, superinteligenta, de fapt varianta bogata a lui Renée. Paloma ne vorbeste despre ea insasi si despre cei ce o inconjoara intr-un jurnal intim in care isi aduna 'gandurile profunde'. Aflam ca fata locuieste cu tatal ei (important om politic socialist), o mama depresiva, o sora ingamfata si doua pisici: Constitutia si Parlamentul. Mai aflam ca e o cititoare de manga (benzi desenate japoneze) fiind o mare admiratoare a culturii japoneze dar si ca vrea sa se sinucida in ziua in care va implini 13 ani, asta nu inainte de a da foc la casa. Motivul? Lipsa de sens a existentei umane.
Intelegem desigur ca "Nu e suficient sa fii bogat si destept ca sa fii fericit"
Ma numesc Paloma, am 12 ani, locuiesc in Rue de grenelle nr 7, intr-un apartament de oameni bogati. Insa de foarte mult timp stiu ca destinatia finala este acvariul cu pesti, vacuitatea si ineptia vietii adulte. Cum am aflat asta? Intamplator sunt foarte inteligenta. Exceptional de inteligenta chiar. De aceea am luat o decizie: la sfarsitul acestui an scolar, in ziua in care voi implini 13 ani, ma voi sinucide."(3)
Decorurile sunt asezate, personajele au intrat in scena urmeaza actiunea. Pentru asta trebuie sa asteptam un pic, cam pana la jumatatea cartii atunci cand apare un alt locatar bogat, instruit, cult, inteligent si bineinteles... japonez, Mr Ozu, personajul ce va reusi sa scoata la lumina cele doua fiinte care isi petrec viata ascunzandu-se.
In final Paloma descopera sensul existentei (a-i ajuta pe ceilalti) si renunta la planurile sinucigase insa pentru asta a trebuit sa treaca prin suferinta pierderii celei ce ii devenise prietena , Renée, care isi pierde viata intr-un accident stupid cand tocami descoperise dragostea si sufletul pereche. In final cei sensibili vor retine cu greu o lacrima.

Atmosfera de la inceputul romanului e una destul de intelectuala, aproape sufocanta (sau o fi fost din cauza decorului real in care ma aflam, acceleratul de Caracal?)

Au fost si pasaje in care mi s-a parut ca autoarea s-a transformat in profa de filozofie si ne expune concepte destul de dificil de digerat pentru neinitiati. Insa aceste pasaje nu sunt numeroase, majoritatea reflexiilor din aceasta poveste filozofica sunt accesibile si placute publicului larg.

Cartea mi-a creat sentimente si trairi ambigui, pe de o parte e amuzanta si scrisa cu umor insa este si plina de reflectii despre viata, sens, societate, lume, arta si frumos. La inceput m-a enervat oarecum atitudinea celor doua protagoniste, la ce bun sa fi atat de inteligent si de cultivat daca nu stii sa folosesti arma asta ("singura arma a primatelor" dupa spusele Palomei) si ramai in fond, un neadaptat, un cinic inchis in sine insusi? Insa mai tarziu am inteles de ce, din lipsa de dragoste, lipsa de atentie si de apreciere, de o parte din cauza familiei sarace a lui Renée iar de alta din cauza unei mame depresive care isi dedica mai mult timp udarii plantelor decat copiilor din dotare.

Iata si cateva citate traduse in romaneste, nu sunt convinsa ca am gasit cea mai buna formulare de aceea o sa pun si textul original pentru cei ce se descurca in limba lui Voltaire.
***
Cu inima si stomacul in marmelada, imi spun ca, in cele din urma, poate ca aceasta e viata: multa disperare dar si cateva momente de frumusete, in care timpul nu mai este la fel. Ca si cum notele de muzica ar face un fel de paranteza in timp, o suspendare, un "acolo" "aici", un "totdeauna" in "niciodata".
Frumusetea in lume.

Le cœur et l’estomac en marmelade, je me dis que finalement, c’est peut-être ça la vie : beaucoup de désespoir mais aussi quelques moments de beauté, où le temps n’est plus le même. C’est comme si les notes de musique faisaient un genre de parenthèse dans le temps, de suspension, un ailleurs ici même, un toujours dans le jamais. Je traquerai désormais les toujours dans le jamais
La beauté dans ce monde ».
***

Oamenii traiesc intr-o lume in care cuvintele si nu actele au putere, unde competenta ultima e stapanirea limbajului. E teribil pentru ca, in fond, suntem doar primate programate sa mancam, sa dormim, sa ne reproducem, sa ne securizam teritoriul iar cei mai dotati pentru asta , cei mai aproape de animal dintre noi, se vad tot timpul depasiti de ceilalti, cei care vorbesc bine desi ar fi incapabili sa-si apare gradina, sa aduca un iepure pentru cina sau sa procreeze corect.
Oamenii traiesc intr-o lume in care cei slabi domina. este o injurie teribila adusa naturii noastre animale, un gen de perversiune, de contradictie profunda.

Les hommes vivent dans un monde où ce sont les mots et non les actes qui ont du pouvoir, où la compétence ultime, c'est la maîtrise du langage. C'est terrible, parce que, au fond, nous sommes des primates programmés pour manger, dormir, nous reproduire, sécuriser notre territoire et que les plus doués pour ça, les plus animaux d'entre nous, se font toujours avoir par les autres, ceux qui parlent bien, alors qu'ils seraient incapables de défendre leur jardin, de ramener un lapin pour le dîner ou de procréer correctement.
Les hommes vivent dans un monde où se sont les faibles qui dominent. C'est une injure terrible à notre nature animale, un genre de perversion, de contradiction profonde.

***
Nimeni nu pare sa se fi gandit la faptul ca daca existenta este absurda, o reusita stralucitoare nu valoreaza mai mult decat un esec. E doar mai confortabila. Si inca ceva: eu cred ca luciditatea face ca succesul sa fie amar in timp ce mediocritatea spera intotdeauna ceva.

[...] personne ne semble avoir songé au fait que si l'existence est absurde, y réussir brillamment n'a pas plus de valeur qu'y échouer. C'est seulement plus confortable. Et encore : je crois que la lucidité rend le succès amer alors que la médiocrité espère toujours quelque chose.
***
Eu cred ca gramatica e o cale de acces spre frumusete. Cand vorbim, cand citim sau scriem, simtim totdeauna daca am facut o fraza frumoasa sau daca tocmai citim una. Suntem capabili sa recunoastem o turnura frumoasa sau un stil frumos. Dar cand facem gramatica avem acces la o alta dimensiune a frumusetii limbii. Gramatica serveste la a o decortica, ne ajuta sa vedem cum e facuta, o observam goala intr-un fel.

Moi, je crois que la grammaire, c'est une voie d'accès à la beauté. Quand on parle, quand on lit ou quand on écrit, on sent bien si on a fait une belle phrase ou si on est en train d'en lire une. On est capable de reconnaître une belle tournure ou un beau style. Mais quand on fait de la grammaire, on a accès à une autre dimension de la beauté de la langue. Faire de la grammaire, c'est la décortiquer, regarder comment elle est faite, la voir toute nue, en quelque sorte.
***
Inteligenta nu e un dar, e singura arma a primatelor

L'intelligence n'est pas un don sacré, c'est la seule arme des primates.
***

Exista totdeauna o cale a facilitatii desi mie imi repugna. Nu am copii, nu ma uit la televizor si nu cred in Dzeu, toate aceste cai pe care oamenii le batatoresc in incercarea de a-si face viata mai
usoara
Copiii ajuta la amanarea momentului dureros in care trebuie sa ne confruntam cu noi insine, iar nepotii vin mai apoi sa continue aceasta sarcina. Televizorul ne scuteste de necesitatea de a construi proiecte plecand de la nimicul existentei noastre frivole. Dzeu, in sfarsit, ne linisteste temerile noastre de mamifere si insuportabila perspectiva ca intr-o zi toate placerile noastre vor lua sfarsit. astfel, fara viitor si fara descendenta, fara pixeli pentru abrutizarea cosmicei constiinte a absurditatii, cu certitudinea sfarsitului si anticiparea vidului, pot sa spun ca nu am ales calea facilitatii.

"Il y a toujours la voie de la facilité quoique je répugne à l'emprunter. Je n'ai pas d'enfants, je ne regarde pas la télévision et je ne crois pas en Dieu, toutes sentes que foulent les hommes pour que la vie leur soit plus facile. Les enfants aident à différer la douloureuse tâche de se faire face à soi-même et les petits-enfants y pourvoient ensuite. La télévision divertit de nécessité de bâtir des projets à partir du rien de nos existences frivoles ; en circonvenant les yeux, elle décharge l'esprit de la grand oeuvre du sens. Dieu, enfin, apaise nos craintes de mammifères et l'insupportable perspective que nos plaisirs prennent fin un jour. Aussi, sans avenir ni descendance, sans pixels pour abrutir la cosmique conscience de l'absurdité, dans la certitude de la fin et l'anticipation du vide, pouvoir dire que je n'ai pas choisi la voie de la facilité."

***
Nimeni nu pare sa se fi gandit la faptul ca daca existenta este absurda, o reusita stralucitoare nu valoreaza mai mult decat un esec. E doar mai confortabila. Si inca: eu cred ca luciditatea face ca succesul sa fie amar in timp ce mediocritatea spera intotdeauna ceva.

[...] personne ne semble avoir songé au fait que si l'existence est absurde, y réussir brillamment n'a pas plus de valeur qu'y échouer. C'est seulement plus confortable. Et encore : je crois que la lucidité rend le succès amer alors que la médiocrité espère toujours quelque chose.
***

Toate familiile fericite se aseamana insa familiile nefericite sunt fiecare in felul lor.

"Toutes les familles heureuses se ressemblent mais les familles malheureuses le sont chacune à leur façon."
***
Una din cele mai frumoase reusite ale jocului de go este aceea ca pentru a castiga trebuie sa traiesti dar de asemenea sa-l lasi pe adversar sa traiasca. Cel care este prea avid pierde partida: e un subtil joc de echilibru unde trebuie realizat un avantaj fara strivirea celuilalt. Pana la urma, viata sau moartea nu sunt decat consecinta unei constructii mai bine sau mai prost cladite. Asta spune si Taniguchi: traiesti, mori, acestea sunt doar consecinte. E un proverb de go si un proverb de viata.

Une des plus belles réussites du jeu de go, c’est qu’il est prouvé que, pour gagner, il faut vivre mais aussi laisser vivre l’autre. Celui qui est trop avide perd la partie : c’est un subtil jeu d’équilibre où il faut réaliser l’avantage sans écraser l’autre. Finalement, la vie et la mort n’y sont que la conséquence d’une construction bien ou mal bâtie. C’est ce que dit un des personnages de Taniguchi : tu vis, tu meurs, ce sont des conséquences. C’est un proverbe de go et un proverbe de vie.
***

Incapacitatea pe care au au fiintele de a crede in ceea ce face sa explodeze cadrul micilor lor obisnuinte mentale.

l'incapacité qu'ont les êtres à croire à ce qui fait exploser les cadres de leurs petites habitudes mentales.
***
Arta este viata insa pe un alt ritm

Car l'Art, c'est la vie, mais sur un autre rythme.
*******************

(1)

Mme Michel, elle a l’élégance de l’hérisson : à l’extérieur, elle est bardée de piquants, une vraie forteresse, mais j’ai l’intuition qu’à l’intérieur, elle est aussi simplement raffinée que les hérissons, qui sont des petites bêtes faussement indolentes, farouchement solitaires et terriblement élégantes.”
(2)
Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.
(3)
Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai.»